Voir la fiche complète du film : Following (Marcos Siega - 2013)

The Following – Critique

Following
Une série qui entremêle serial-killers et secte en voilant à peine ses influences. Il en découle un suspense permanent malgré une petite baisse de régime en aval de l’intrigue.
Publié le 21 Novembre 2014 par Dante_1984 · Voir la fiche de Following

Créer une nouvelle série en choisissant un thème aussi éculé que les serial-killers comporte des risques, surtout lorsque l’on ne dispose pas d’un concept initial suffisamment original afin de se démarquer d’une concurrence foisonnante. Bien sûr, les productions qui proposent de sonder la psyché de sociopathes en suivant leur quotidien ou en parcourant leurs fantasmes pullulent à toutes les sauces. Esprits criminels, Profiler... Dernièrement, on a pu redécouvrir certains mythes tels qu’Hannibal Lecter ou Norman Bates revu pour un portage télévisé. Il en ressortait un résultat travaillé et sophistiqué permettant à ces figures emblématiques de perdurer ; mieux de renouveler leur image.

L’exemple le plus typique qui rapproche le tueur en série d’une secte reste sans aucun doute l’affaire de Charles Manson et de sa « famille ». Entre charisme et manipulation, il est parvenu à réunir une grappe d’individus non pas crédule, mais en quête de sens face à une perte de repères dans une société qu’ils n’acceptent pas. L’on devine que The following s’en est grandement inspiré pour construire son intrigue et le profil psychologique des différents intervenants. Car, si l’épisode pilote laissait augurer une traque similaire à Seven avec son ambiance glauque, la suite bifurque rapidement dans une tout autre direction.

En cela, le scénario manie le suspense avec une certaine habileté. La tension est quasi-permanente et les péripéties s’enchaînent sans perdre de vue un fil rouge qui jongle avec les faux-semblants. Qui manipule qui ? Jusqu’où va la machination ? La trame paraît tissée à l’avance par l’antagoniste principal, mais rien n’est si simple. La qualité première de la série provient de la menace omnipotente qui plane sur les potentielles victimes et les enquêteurs. Un visage avenant ou un proche peut cacher l’esprit d’un psychopathe. De fait, méfiance et paranoïa se conjuguent afin d’entretenir l’ambiguïté.

Autre particularité : scinder les épisodes du point de vue du FBI, mais aussi des membres de la secte. Ainsi, l’on entrevoit ce qui peut les pousser à pareilles motivations. Les flash-back permettent une meilleure appréhension de chaque destin, de chaque situation, sans pour autant casser le rythme pour combler d’éventuelles carences narratives. Les nombreux allers et retours dans le passé se ponctuent de date pour ne pas se perdre dans l’amas d’informations. L’histoire ne tente pas de dédouaner les actes des tueurs en série en glorifiant la violence gratuite, mais s’attarde à lui donner un visage humain derrière une barbarie pleinement assumée.

Il est vrai que l’on notera une baisse de régime en milieu de parcours avec des rebondissements parfois alambiqués ou trop simplistes pour convaincre. Les relations qui se tissent tendent également à plonger dans la complaisance ou l’attendu (ex. : Joe Carroll et Emma). Malheureusement, cela provoque une sensation de redondance : retrouver Joey, retrouver Claire, retrouver Joey et Claire… Tout cela en s’échinant à poursuivre les investigations pour stopper un flot ininterrompu de psychopathes plus ou moins aguerris. Rien de vraiment préjudiciable à déplorer, mais davantage de soin sur le fond aurait accru l’intérêt du spectateur au lieu de le contenter de surprises pas si étonnantes que cela.

À l’instar de protagonistes et d’antagonistes travaillés, le casting permet à la série d’obtenir une certaine renommée, et ce, avant sa diffusion. Tous les acteurs possèdent les compétences et le talent afin de proposer des personnages crédibles, capables de jouer sur plusieurs tableaux simultanément. Encore une fois, l’on ne peut éviter quelques maladresses relatives aux poncifs du genre. L’alcoolisme à moitié avoué de Ryan Hardy, les suiveurs caricaturés ou relégués au rang de figurants pour ne citer que les plus évidents. Néanmoins, il convient de mentionner ces détails au second plan étant donné que la majeure partie du travail effectué demeure plus que recommandable avec un développement mesuré.

Malgré de menus écueils au niveau de l’écriture et des personnages secondaires, The Following parvient à captiver. Le scénario propose un suspense quasi permanent dans une atmosphère tendue et paranoïaque. Certes, le côté glauque des tueurs en série s’efface sensiblement au profit d’un traitement moins spectaculaire qu’à l’accoutumée. La violence se trouve calibrée avec application afin d’entrevoir la folie d’esprits dérangés sans pour autant vraiment choquer. Il en découle un thriller âpre et immersif. La finition aurait gagné à s’attarder sur les éléments inhérents au genre (caractérisation, retournements de situation…) pour fournir une trame encore plus saisissante qu’elle ne l’est déjà. En tous les cas, une série maîtrisée et plaisante à suivre.

 

Saison 2 : 7/10

Saison 3 : 5/10

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Histeria

Histeria

Attention cette critique peut contenir des spoilers Depuis 1998 et The Ring , les films de fantômes asiatiques ont déferlé comme un tsunami sur nos écrans. C'est ainsi que les filles aux longs cheveux, Gamins blancs (ou bleus c'est selon) et une foule d'esprits nés du folklore local ont fait frissonner des millions de spectateurs. Il faut croire que le public asiatique ne lasse pas de ces...
Conjuring 2 : Le cas Enfield

Conjuring 2 : Le cas Enfield

Rompu au cinéma de genre depuis les prémices de la saga Saw , James Wan s’est très vite montré un réalisateur curieux et talentueux, n’hésitant pas à lâcher certaines franchises pour en créer d’autres. Si Insidious s’est révélé d’une étonnante constance au fil de ses différents opus, Conjuring redonnait ses lettres de noblesse aux films d’épouvante et de...
Amityville

Amityville

Si les remakes ont toujours fait partie du modèle hollywoodien, les années 2000 ont connu un recyclage effréné de productions emblématiques. Après le succès mérité du Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, le cinéma de genre a particulièrement été impacté. Bien que sa notoriété soit restée dans les mémoires pour les affaires DeFeo et Lutz, le cas Amityville a été progressivement dénaturé au...
La Belle & la Bête

La Belle & la Bête

Cela faisait huit ans que Christophe Gans n’avait plus réalisé de film pour le cinéma. Il revient au meilleur de sa forme avec une mise au goût du jour de La belle et la bête , un projet ambitieux qui aura nécessité un long travail. Alors que Silent Hill , son film précédent, était une commande américaine inspiré d’un jeu-vidéo japonais (par ailleurs peut-être la meilleure adaptation...
The Creeps

The Creeps

Au rayon grosse débilité profonde, je voudrais The Creeps de Charles Band de chez Full Moon. Les grandes figures monstrueuses de la littérature ont inspiré plus d'une fois les amateurs de bis et de films d'horreur. En témoigne les différentes adaptations du monstre de Frankenstein de Mary Shelley, de Dracula de Bram Stoker ou encore de la momie et du loup-garou. D'ailleurs, même les...