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Aquaslash – Critique

Aquaslash
Un slasher long et ennuyeux qui s’avère un hommage maladroit aux bobines des eighties. Dans une atmosphère qui évoque un spring-break du pauvre, Aquaslash se distingue essentiellement par sa séquence de massacre au sein d’un toboggan. Une démarche laborieuse, percluse de palabres inutiles et d’incohérences pour aboutir à cette unique incursion honnête et généreuse dans son déversement de sang et de membres épars. Une maigre consolation.
Publié le 2 Juillet 2021 par Dante_1984 · Voir la fiche de Aquaslash

Sous-genre horrifique particulièrement en vogue dans les années 1980, le slasher a bénéficié d’un engouement indéniable avec des figures mythiques telles que Jason Voorhees ou Michael Myers. Hormis quelques exceptions notables, comme la saga Scream, ce type de productions se cantonne majoritairement à des itérations dans le domaine du DTV et du bis. Au fil des décennies, on ne compte plus les bévues cinématographiques et les boogeymans de pacotille surfant sur le succès de leur prédécesseur. Aquaslash semble s’inscrire dans cette mouvance, se focalisant sur un hommage maladroit aux slashers des eighties.

Somme toute classique, l’entame laisse augurer une intrigue prétexte aux deux piliers du genre : du sexe et de la violence. La vue subjective du psychopathe et un premier massacre à la machette avancent une mise en condition sans ambages. Au sortir de cette première intervention « percutante », on découvre une bande de jeunes diplômés qui souhaitent décompresser après la période d’examens. Là encore, le propos demeure facile et attendu. En cela, les personnages sont une succession de caricatures qui dépeignent un écosystème fondé sur des poncifs basiques au possible. Des bimbos aux machos, sans oublier la classe des introvertis et des « marginaux », on n’échappe à aucun cliché.

En d’autres circonstances, une telle débandade d’individus décérébrés prêterait à peu de conséquences. Pourtant, l’a priori est sensiblement différent avec le film de Renaud Gauthier. En effet, le « récit » se penche plus que nécessaire sur la présentation des protagonistes, leurs relations sociales et les ambitions sur le court terme… D’hormones dégoulinantes en réparties guère finaudes, la grande majorité du film fait se succéder les séquences inutiles sans rigueur ni second degré. Il y a bien la préparation du terrain de jeu par le psychopathe, des allusions quant au sombre passé de ce parc aquatique. Néanmoins, force est de constater que l’on s’ennuie ferme.

Exception faite de rares éléments suggestifs, on nous inflige un enchaînement de gros plans sur les atours féminins des futures victimes et leur indéfectible envie de faire la fête à tout prix. Le tout dans un cadre qui aurait pu donner lieu à d’âpres situations entre tueur et victimes. Le réalisateur a beau essayer de développer un jeu de pistes façon « whodunit », l’ensemble ne prend guère. Outre une absence véritable d’indices pour étayer un semblant de déductions, force est de reconnaître que l’exercice ne présente aucun intérêt. Pire que cela, le dénouement démontre toute la maladresse de cette composition avec des explications évasives, voire incohérentes.

Certes, le passage du toboggan demeure particulièrement saisissant et original. Accompagnés de membres et d’intestins en tout genre, les flots d’hémoglobine se déversent littéralement. Il n’en reste pas moins que le massacre tant attendu s’éclipse en un peu moins d’une dizaine de minutes. Sur l’ensemble du film, cela peut paraître court. Pourtant, le réalisateur trouve le moyen d’étirer cet évènement clef jusqu’à rendre improbable, voire ridicule, la réaction des protagonistes ; qu’ils soient conscients ou non de leur trépas. Cela sans compter sur un concours de circonstances malencontreux et passablement invraisemblable pour que le carnage se poursuive plus que de rigueur.

 

Au final, Aquaslash est un slasher relativement pénible qui lorgne autant du côté du fan-film que de la bobine Z. Là où certaines productions pèchent par une absence totale de caractérisation, le film de Renaud Gauthier tente d’obtenir l’effet inverse pour un résultat similaire où les personnalités sont aussi creuses que la vacuité du scénario. Malgré un cadre intéressant, celui-ci n’est jamais exploité à bon escient. Il demeure une conclusion assez enthousiasmante au vu de l’ennui que suggère presque l’intégralité de l’histoire. Toutefois, un massacre correctement avancé n’en fait pas forcément un bon film, y compris dans le domaine du slasher. Dispensable à plus d’un titre, sauf pour les inconditionnels du genre.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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