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La Chose – Critique

 La Chose

John Carpenter au sommet de son art : un huis-clos horrifique terriblement efficace!

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de La Chose

John Carpenter est sans conteste l'un des "papes" de la série B. Le réalisateur d'Halloween, de Fog et d'Invasion Los Angeles officie dans le cinéma fantastique depuis déjà quelques bonnes dizaines d'années. Lorsque Carpenter lâche en 1982, The Thing, c'est un véritable tour de force qu'il nous offre.

Une station scientifique perdue en Antarctique. Une dizaine de bonshommes vivent coupés du reste du monde. Un jour, des Norvégiens débarquent en hélicoptère. Ils poursuivent sans relâche un pauvre chien et veulent à tous prix l'éliminer. Le chef de la station, Garry, abat l'un d'entre eux tandis que le second meurt dans l'explosion de l'hélicoptère (due à la malveillance de son copain, apparement pas doué dans le maniement des grenades). Les scientifiques de la station 31 commencent à s'interroger sur la présence de cet hélicoptère dans les parages et décident de se rendre à leur base. Ils vont découvrir que les Norvégiens avaient déterré un bloc de glace qui contenait une entité extra-terrestre...

Le film nous propose un cadre unique (la station 31) et un nombre réduit d'acteurs. Dans The Thing, tout repose sur un "qui est qui ?", ou plutôt "qui est quoi ?", magistralement orchestré par John Carpenter. Lorsque les personnages découvrent l'existence de la chose avec la transformation du chien dans le chenil, ils se retrouvent confronter à une chose ("the thing", donc) dont les pouvoirs les dépassent. Au départ, ils ne savent pas de quoi cette chose est capable. Mais très vite, et après quelques autopsies, ils apprenent que la chose est capable d'absorber aussi bien un animal... qu'un homme et l'imiter à la perfection. Avec ce postulat de base, les tensions montent entre les protagonistes de l'histoire. Et nous en profitons pleinement avec quelques scènes vraiment efficaces comme le fameux "test sanguin" prodigué par Mac Ready dans la deuxième partie du métrage. Tant les acteurs que nous, les spectateurs, ne sommes en mesure de dire qui a été "répliqué" par la chose. Carpenter joue avec cet effet à plusieurs reprises et nous offre, par la même, un suspense constant qui ne sera dévoilé que dans les derniers plans du film. Quant à la fin du métrage, si elle est assez prévisible, elle n'en demeure pas moins intéressante et s'inscrit parfaitement dans la continuité du film.

Le film offre également une certaine réflexion sur la nature humaine et sur la confiance que l'on peut avoir les uns envers les autres. Dès que les personnages apprennent que n'importe qui pourrait "être" la chose, la paranoia s'installe rapidement. On pourrait se dire de manière hâtive : "ils sont vraiment cons de se méfier les uns des autres". Mais comment réagirions-nous face à une telle menace ? Si l'on y regarde d'un peu plus près, on se rend compte que ce sont les hommes et non la chose qui commet le plus de dégâts. Dans la dernière partie du métrage, les survivants détruisent méticuleusement toute la station.

Après New York 1997, Carpenter retrouve pour les besoins de The Thing, l'acteur Kurt Russell. Ce dernier interprète le rôle de R. J. Mac Ready, un pilote d'hélicoptère qui, de par son caractère dominant et son refus de toute sorte d'autorité (ça ne vous rappelle pas le Snake Plissken de New York 1997 ?) va très vite s'imposer comme le chef de l'équipe de scientifique de la station. Un personnage qui ne désire qu'une seule chose : survivre. L'un des réflexes les plus humains : la préservation de sa propre vie. C'est sans doute le personnagfe auquel on pourra s'identifier sans mal.

Du côté des effets spéciaux, c'est presque quasiment l'apothéose. Avec M. Rob Bottin aux SFX, on avait que peu de soucis à se faire. Pour rappel, Rob Botin a travaillé sur Hurlements (Joe Dante/1981). Le maquilleur n'a pas failli à sa réputation et nous offre quelques impressionnants débordements gores tout au long du film. De la transformation du chien au début du métrage, au "monstre" final dans la grotte, en passant par les autopsies et l'araignée-tête-humaine, c'est un véritable déluge d'effets spéciaux de toute beauté.

A tout cela, s'ajoute une réalisation toujours au top (c'est une habitude avec Carpenter) et une musique qui colle parfaitement à l'ambiance générale du film. A noter que pour une fois, ce n'est pas John himself qui a signé le score mais Ennio Morricone. On y perd pas au change étant donné que le bonhomme est un orchestrateur de génie à qui l'on doit, outre les sompteuses bandes-originales des films de Sergio Leone, les bandes-son de films comme Orca (Michael Anderson/1977), Le Professionnel (Georges Lautner/1981), Frantic (Roman Polanski/1988), Bugsy (Barry Levinson/1991)... Il a participé récemment sur le Kill Bill (2003) de Quentin Tarantino.

The Thing est une série B qui assume parfaitement sa condition et qui constitue sans doute l'une des meilleures réalisations de John Carpenter.

A noter que le film s'inspire de la nouvelle "Who goes there ?" de John W. Campbell qui fut porté à l'écran pour la première fois en 1951 par Christian Nyby dans le film The thing from another world, produit par l'un des "maîtres" de Carpenter : Howard Hawks.

N'oubliez pas de visiter le site :
www.theofficialjohncarpenter.com !

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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