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Minority Report – Critique

Minority Report
Un excellent thriller de science-fiction servi par des acteurs, un scénario et une mise en scène irréprochables.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Minority Report
Steven Spielberg est un réalisateur "touche-à-tout" c'est bien connu. Il suffit pour s'en convaincre de jetter un oeil à son impressionnante filmographie : Les aventuriers de l'arche perdue, E.T., Rencontres du 3ème type, Les dents de la mer, Always, Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan, A.I., Jurassick Park... A croire que tout ce que touche ce réalisateur se transforme inéluctablement en or, en succès interplanétaire.

Avec Minority Report, Spielberg ne se glisse pas dans l'univers de la science-fiction pour la première fois de sa carrière. Il a prouvé et avec brio, qu'il était capable de maîtriser un univers entièrement fictif avec A.I. malgré les faibles résonnances critiques et commerciales du film. L'histoire de Minority Report est basée sur la (courte) nouvelle de l'un des plus grands écrivains de science-fiction : Philip K. Dick. Derrière ce nom, se cachent des titres comme Blade Runner.

2054. Un nouveau type d'autorité a été instauré : la Pré-crime. Grâce aux pouvoirs psychiques de trois êtres, les pré-cognitifs, il est désormais possible d'empêcher n'importe quel meurtre d'être commis. Les personnes sont alors arrêtées avant même d'avoir accompli la moindre action meurtrière répréhensible. John Anderton est l'un des agents les plus doués de la Pré-crime. Depuis la disparition mystérieuse de son fils, Sean, il a six ans, John n'est plus le même. S'il est toujours efficace dans son travail, il lui arrive de consommer régulièrement de la drogue. Mais un jour, il est témoin sur les écrans de contrôle qui renvoient les images vues par les pré-cogs, d'un meurtre dont il serait lui-même l'auteur. John n'a alors qu'une seule alternative : fuir. Fuir pour découvrir s'il est un futur criminel ou s'il est victime d'une machination...

Avant tout, il faut replacer les choses dans leurs contextes. Ici, nous sommes bien en présence d'un film de science-fiction. Mais cet élement n'est visible en vérité qu'au travers des décors futuristes et de tous les élements qui s'y rattachent (objets, véhicules, gadgets, etc.). En effet, si l'on se concentre sur la trame du film, il s'agit plus d'un thriller avec une intrigue (très) complexe. Nous ne sommes pas là en présence d'un blockbuster aux effets "tape-à-l'oeil". D'ailleurs, le film ne contient que très peu de véritables scènes d'action "pure". La seule véritable scène – excellente au passage – qui déménage est celle de la fuite de John après qu'il ait découvert qu'il allait commettre un meurtre. Une superbe séquence où Tom Cruise/John Anderton se ballade sur le dos d'un flic équipé d'un propulseur...

En dehors d'une intrigue complexe mais agréable à suivre, des acteurs tous impeccables (tout particulièrement Tom Cruise, Max Von Sydow et Colin Farell) et des effets spéciaux de toute beauté, il est à noter que Spielberg n'a rien perdu de ses talents de metteur en scène. Qu'il s'agisse de cadrer en plan serré ses acteurs (voir la magnifique séquence où John et le pré-cog Agatha s'étreignent après leur fuite) ou d'exécuter des plans de caméra complexes (voir les nombreux mouvements rotatifs à certains passages), Spielberg fait mouche à chaque fois pour mettre en scène savament le scénario qu'il sert. Son film traite du libre-arbitre et de la consommation (voir la fausse publicité présente dans le film avec les écrans géants ou la boîte de céréale animée!) avec beaucoup d'efficacité.

Une autre chose tout aussi remarquable : les personnages. Spielberg et ses scénaristes ne se plient à aucun moment aux stéréotypes d'usage et les personnages principaux ont une profondeur humaine incroyable. Ainsi, il est intéressant de voir John Anderton visionner seul dans son appartement, des vidéos de son fils disparu, de le voir lui parler comme s'il était là, avec lui. Comment ne pas être touché par ce personnage et ses sentiments ? De plus, au fur et à mesure que l'intrigue se précise, on peut analyser encore plus en profondeur ces mêmes sentiments. Le personnage de John Anderton a perdu son fils mais l'on ignore de quelle façon au début du film. Lorsque l'on découvre comment son fils a disparu, on est encore plus proche du personnage qui ressent un sentiment de culpabilité évident. Mais il est bien sûr préférable de découvrir tout ça sur petit ou grand écran car à décrire de cette façon, cela n'est pas si évident et surtout cela n'a pas la même intensité.

En conclusion, un excellent thriller de science-fiction, servit par des acteurs remarquables, à la réalisation soignée, aux effets-spéciaux bluffants et à l'ambiance sombre (voir les tons gris/bleus qui prédominent durant tout le métrage). Sans doute l'un des meilleurs films de Spielberg (après Les Dents de La Mer quand même) à ce jour et l'une des meilleures adaptations d'une nouvelle de Philip K. Dick. Pourquoi passer à côté ?

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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