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Donnie Darko – Critique

Donnie Darko

Un film envoûtant, énigmatique, au scénario bien ficelé et à la mise en scène soignée. A (re)découvrir d'urgence...

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Donnie Darko

Le jeune Donald "Donnie" Darko est un adolescent mal dans sa peau. Malgré l'attention que lui porte son entourage, Donnie Darko semble vivre dans un monde un peu à part. Il consulte une psychologue qui tente, tant bien que mal, de le cerner. Une nuit, Donnie est réveillé par une voix qui l'attire dehors. Il rencontre un mystérieux lapin géant, Frank, qui lui annonce que la fin du monde est très proche...

Donnie Darko est le premier film du réalisateur Richard Kelly. Et pour un premier film, quel film! Kelly a choisit de situer l'action de son histoire dans les années 80 pour nous conter l'histoire de cet adolescent finalement assez banal (ses préoccupations tournent, comme beaucoup d'adolescents, autour des filles et du sexe). Kelly nous présente Donnie Darko comme un jeune garçon assez éloigné des poncifs du genre. Il vit dans un monde où tout est loin d'être tout beau, tout propre. C'est ici l'occasion pour Kelly de filer un petit coup dans l'arrière-train de cette Amérique puritaine et bien pensante. On trouve, pêle-mêle, un professeur qui diffuse des cassettes véhiculant des messages stupides, l'excellent Patrick Swayze dans un rôle à sa mesure (sorte de gourou d'une secte apparemment bien propre sur lui dont les "passes-temps" malsains seront dévoilés au grand jour par Donnie), Drew Barrymore en professeur enseignant à ses élèves Les Destructeurs de Graham Greene…

Une galerie de personnages intéressante qui vont graviter autour de Donnie et participer au développement de multiples sous-intrigues à la fois passionnantes et frustrantes dans le sens où certaines ne seront au final pas complètement résolues (mais qui est cette mystérieuse"grand-mère-la-mort" ?) . Des sous-intrigues à l'image du dénouement final, inattendu et tout aussi intéressant car mettant à profit, à la fois l'intelligence et l'imagination du spectateur qui attendait « la » grande révélation pour obtenir les réponses aux nombreuses questions soulevées par le scénario complexe du film.

Appuyé par une mise en scène fluide et accentuant le côté fantastique du film (l'utilisation de quelques effets en image de synthèse presque surréalistes - voire la scène où le lycée de Donnie est inondé), Richard Kelly a signé avec Donnie Darko un film envoûtant, à l'atmosphère particulière, porté par un casting remarquable (avec le jeune Jake Gyllenhaal en tête, que l'on a pu voir dans Le Jour d'Après) et une bande-son magnifique (le morceau de Gary Jules, Mad World, reprise de Tears For Fears, est somptueux, au même titres que les images diffusées lors de la chanson). Un chef d'oeuvre.

A noter que le film a été rediffusé en salles dans son montage uncut (20 minutes de scènes supplémentaires). Enfin et pour la petite info, c'est Maggie Gyllenhaal (soeur de Jake) qui interprète Elizabeth, la propre soeur de Donnie.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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