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Hurlements 2 – Critique

Hurlements II

Un expert en sciences occultes (Christopher Lee) se rend dans les Carpathes afin d'y affronter sa demi-soeur, reine de la famille de lycans la plus perverse et la plus libidineuse au monde. L'incroyable suite du film de Joe Dante enfin critiquée par le nouvel ambassadeur du Cinéma Bis !

Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Hurlements II

Se promener au hasard des étalages du rayon VHS de votre supermarché et dénicher une jaquette prometteuse : ce petit plaisir m'arrivait parfois lorsque le DVD n'avait pas encore supplanté cette bonne vieille cassette. C'est ainsi que j'ai eu entre mes mains Hurlements II, second volet d'une saga dont je ne connaissais alors aucun film (et oui, j'avoue avoir vu le film de Joe Dante après sa suite). La présence de Christopher Lee au générique suffit à me lancer à me procurer ce film de lycanthropes. Un soir de spleen télévisuel, j'enfourne la VHS dans mon lecteur et en avant !

Toujours adapté d'un roman de Gary Brandner, qui co-écrit le scénario, Hurlements II commence dans une église. Nous y suivons l'enterrement d'une journaliste (l'héroïne du premier film), soupçonné par un expert en paranormal (le prodigieux Christopher Lee, plus froid que jamais) d'être un loup-garou. Le frère de la victime, un peu limité niveau réflexion, n'y voit là qu'une vaste supercherie, mais il comprendra vite que Stefan (Lee) est dans le vrai. Aidé par une autre journaliste, ils s'embarquent dans les Carpathes pour y détruire la reine des lycans, la plantureuse Stirba (Sybil Danning), demi-soeur de Stefan.

Réalisée quatre ans après le film de Dante, cette suite présente d'emblée son objectif : à savoir offrir une sympathique série B, décomplexée, à des années lumière du sérieux métrage de Dante. Le générique, avec ces écritures rouges criardes et le son métallique d'un synthé de mauvaise qualité, laisse augurer une oeuvre de seconde zone, qui n'ambitionne pas de rester dans les annales du film de lycanthropes. Mais à une époque marquée par le retour de ces parents pauvres du cinéma fantastique (Le Loup-Garou de Londres, Hurlements), ce film a le mérite de proposer une autre vision du lycan, plus libidineuse que jamais.

L'australien Philippe Mora fait avec les moyens du bord, même s'il n'évite pas certains clichés typiques des années 80 (cf. la bande son punk du groupe Babel et une photographie vieillotte). Plutôt que de privilégier l'ambiance lugubre du premier film (qui revenait à la nature primitive du lycan, dans son habitat naturel), Mora préfère évoquer la sexualité des lycans (et bien lui en fasse). Car, il faut bien l'avouer, jamais nous ne verrons de lycanthropes aussi sensuelles que Danning ou Marsha Hunt (une ex de Mick Jagger), réunies le temps d'un triolisme poilu avec un mâle servile. Le générique de fin, avec ses ralentis audacieux, illustre bien la principale réussite du métrage. Outre l'aspect torride de ces créatures, n'oublions pas non plus le dépaysement folklorique provoqué par ce charmant village perdu dans les Carpathes, et ces nombreux figurants aux visages effrayants (l'hôtel et le nain masqué, entre autres), apportant un cachet fleurant bon les décors des films de genre.

Passons maintenant à l'essentiel !
Côté scénario, Brandner ne s'est pas foulé, offrant même une vaste orgie animale sur fond de musique new wave assez kitsch, entre deux assauts lycanthropiques dans les forêts, les soirs de pleine lune. La mise en scène de Mora est honnête mais ne casse pas des briques. Le principal intérêt de cette série B, qui assume complètement son statut, réside principalement dans son casting. Un peu mis de côté durant cette décennie, Lee y trouve un rôle à la mesure de son talent, même s'il méritait de meilleurs dialogues. Face à lui, Sybil Danning, moulée dans des tenues en cuir gothiques, campe une bien belle reine des lycans, même si ses ambitions se situent souvent en dessous de la ceinture, et sa comparse est tout aussi sexy, même si son jeu d'actrice n'est pas à la hauteur de sa crinière noire. Les effets spéciaux sont assez intéressants, les loups-garous empruntant diverses teintes, tailles et gueules. Les yeux explosés du nain sonnent faux, mais le gros plan vaut le coup d'oeil.

Bref, si vous aimez les séries B sans prétention, légèrement sexy et Christopher Lee, ce film peut vous permettre de passer une agréable soirée devant votre poste. Seule suite honorable d'une longue série (je n'ose repenser au troisième opus, réalisé par le même Mora, et que je considère comme le pire film que j'ai jamais vu, en concurrence avec Plan 9 from outer space et Mortal Kombat 2), Hurlements II est le seul film de lycans présentant cette créature comme un animal libidineux, point qu'il était important d'établir au nom du Septième Art !

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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