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Dagon – Critique

Dagon
Stuart Gordon fait une nouvelle fois honneur à l'oeuvre de Lovecraft en adaptant avec beaucoup de fidélité et de soin, et ce malgré le manque de moyens, une excellente nouvelle de l'écrivain spécialiste dans le conte matérialiste d'épouvante.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Dagon

L’œuvre d’Howard Phillips Lovecraft a fait l’objet de nombreuses adaptations au cinéma. Hélas, peu nombreuses sont celles qui font vraiment honneur aux écrits de ce génial écrivain.

Paul Marsh et sa compagne Barbara fêtent la réussite de leur entreprise à bord du voilier de l’un de leurs amis, Howard, accompagné de sa femme Vicki. Surpris par une tempête, leur voilier s’échoue sur des rochers et Vicki est blessée. Paul et Barbara décide d’aller chercher du secours et prennent le canot de sauvetage pour se rendre dans un petit village de pêcheurs de la côte. Mais à leur arrivée, il découvre un village désert. Dans une église, il rencontre un prêtre qui va accepter de les aider. Tandis que Paul embarque avec des pêcheurs pour aller sauver Howard et Vicki, Barbara se rend à l’hôtel d’Imboca. Lorsque Paul arrive sur le voilier, ses amis ont disparu et, à son retour à Imboca, découvre que Barbara a elle aussi disparu. Les étranges habitants d’Imboca se révèlent hostiles et Paul doit fuir. Il rencontre un vieillard, Ezequiel, qui lui révèle un terrible secret : les villageois vénèrent un Dieu de la mer, Dagon, qui exige des sacrifices humains et transforme les habitants en créatures monstrueuses…

Si les premières minutes du film ne semblent pas de prime abord des plus prometteuses, la suite s’avère bien plus captivante. La mise en scène de Stuart Gordon est nerveuse (de nombreuses scènes sont tournées caméra à l’épaule) et même si le manque de moyens se fait ressentir par moment, le réalisateur parvient régulièrement à retrouver l’ambiance sombre et malsaine des écrits de Lovecraft (notamment grâce aux décors et aux habitants du village). S'inspirant de l’excellente nouvelle Le Cauchemar d’Innsmouth, le scénariste Dennis Paoli (déjà scénariste sur Re-Animator, From Beyond et Castle Freak, un habitué de Lovecraft donc) restitue de manière assez fidèle l'histoire originale (en la modernisant) en y introduisant quelques éléments que n'auraient sans doute pas renié Lovecraft (la fin notamment avec la révélation finale amenée de façon différente mais cohérente).

Si le héros du film, Paul, n’apparait pas comme un véritable héros "lovecraftien" (d'ailleurs, son personnage a été créé dans le style des héros de Woody Allen), les habitants d’Imboca semblent tout droit sorti des nouvelles de Lovecraft (jusque dans certains petits détails comme le fait qu’ils ne clignent jamais des yeux ou qu’ils émettent des sons étranges ou encore les incantations "Eä! Eä! Cthulu f'tghn!" prononcées par les adeptes de Dagon). Le casting est assez réussi avec une mention spéciale à Francisco Rabal et Macarena Gómez (le clochard Ezekiel et la prêtresse Uxía Cambarro).

Au niveau des effets-spéciaux, l'ensemble est assez homogène. Même si le film accuse son âge par rapport aux SFX numériques, les maquillages sont bien réalisés et le respect par rapport aux écrits de Lovecraft bien présent (le teint pâle des habitants, les branchies, les tentacules, les tiares dorées...). Un soupçon de gore en fin de métrage rend l'ensemble encore plus sympathique. La ville d'Imboca représente un fantastique décor qui retranscrit de manière fidèle les descriptions de Lovecrat dans sa nouvelle.

Stuart Gordon et Lovecraft font décidemment bon ménage une nouvelle fois avec cette très divertissante série B qui, à défaut de jouer la carte du frisson, parvient à retrouver par moment l'atmosphère et l'ambiance des romans d'H.P. Lovecraft.

A noter que le film est dédié à la mémoire de l'excellent acteur Francisco Rabal (qui interprète le surprenant Ezequiel, l'ivre du village d'Imboca), décédé le 29 août 2001.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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