Voir la fiche complète du film : Man Thing (Brett Leonard - 2005)

Man Thing – Critique

Man Thing
Une adaptation Marvel qui sort de l'ordinaire par son cadre et sa créature originale. Malgré le soin sur la forme, le fond est beaucoup plus prévisible et n'apporte finalement pas grand-chose au genre si ce n'est son monstre. L'on retiendra également un environnement exploité comme il se doit pour parfaire l'atmosphère ambiante. On passe tout de même un moment plaisant si l'on souhaite un produit bien fichu, un rien distrayant, mais sans réelle ambition.
Publié le 3 Mai 2013 par Dante_1984 · Voir la fiche de Man Thing

Dans une petite ville cernée par les marais, un nouveau shérif se penche sur une série de meurtres où les victimes sont atrocement mutilées. Menacé par le patron d'une industrie pétrolière, il va s'aventurer dans les recoins les plus sombres des marais pour découvrir la vérité sur les meurtres...

En général, lorsque l'on parle de Marvel, l'on pense immédiatement super-héros. Pourtant, il existe certaines histoires qui n'ont rien à voir avec nos amis en collants moulants. Man thing fait partie de cette catégorie de comics pas forcément connu du grand public, mais mérite que l'on s'y attarde. Plus inattendu, SyFy s'est octroyé les droits d'adaptation pour le porter à l'écran. À l'évocation de ce nom (qui n'a parfois rien à envier à Asylum), on serait enclin à grincer des dents. Fort heureusement, nous allons le constater par la suite, Man thing n'a rien d'un navet éhonté se gaussant d'une licence au potentiel flatteur.


Attention, ça gicle.

Premier point rassurant : l'on retrouve à la barre Brett Leonard, réalisateur du vieillissant (et néanmoins plaisant) Le cobaye, mais surtout de Programmé pour tuer ou Souvenirs de l'au-delà. Depuis, le cinéaste s'était fait plutôt rare. Un moyen métrage animalier (T-Rex 3D) passé inaperçu et un documentaire tout aussi anecdotique. Man thing était donc l'opportunité pour lui de renouer avec le septième art avec des moyens pour le moins confortables. On est loin des petites productions insipides prêtes à vendre père et mère pour un semblant d'attention.

L'on voit de suite l'attention particulière apportée à l'image. Même si elle ne fait pas d'étincelles, la mise en scène se révèle des plus soignées. Certes, le cadre en est grandement responsable. D'emblée, l'on songe aux bayous de la Louisiane. Pour les besoins du tournage, nous nous situons pourtant dans les marais d'Australie qui n'ont rien à envier à ces derniers en termes d'environnement à la fois hostile, tentaculaire et un brin mystique. Les différentes couches de végétation où s'entremêlent les plantes herbacées aux branches d'arbres aux allures fantomatiques, l'eau stagnante, le brouillard naissant ou l'obscurité sont autant d'atouts et de moyens pour instaurer une atmosphère inquiétante, à tout le moins immersive.


En voilà un qui n'a pas fait de vieux os.

À cela, la présence du Man thing est un attrait non négligeable. D'une part, son design est pour le moins original. À mi-chemin entre l'animal et le végétal, la créature semble dénuée de sentiments, un peu comme une machine. Programmée pour une tâche donnée et rien d'autre. Pas de conscience derrière son regard de braise. Juste une manifestation des légendes locales dans sa forme la plus implacable. Un point d'autant plus appréciable que les effets spéciaux s'avèrent particulièrement réussis. Bien qu'on ne le voit qu'en dernière partie, les trucages pour les meurtres sont inventifs et tirent avantage du Man thing et… de ses innombrables ramifications.

Toutefois, il est bon de noter que le scénario se veut beaucoup moins attrayant. On tend d'ailleurs vers un certain classicisme en usant de certains artifices propres au survival animalier. La venue du nouveau shérif dans une petite ville paumée, de la toute puissance d'un conglomérat pétrolier et de son bedonnant patron, des morts inexpliquées, des faux-semblants facilement décelables. Bref, de son côté Man thing ne brille pas vraiment tant on saisit aisément les ficelles de l'histoire. C'est plaisant, un rien distrayant en jouant les naïfs, mais le récit ne flouera personne ou alors il faut être un grand novice en la matière.


Pas vraiment l'endroit pour se soulager.

Prévisibilité qui se rejoint dans les protagonistes. Le casting est une tripotée d'acteurs de seconde zone (pas des tâches non plus) qui sont davantage embauchés pour leur physique (qui sert à merveille leur rôle) plutôt que pour un réel talent d'interprétation. Ne nous y trompons pas, ils font leur travail convenablement, mais difficile de crier au génie lorsque l'on incarne des clichés navrants. Le shérif beau gosse, la blonde écolo, le gros patron et son attardé de fils ou les deux autochtones sortant de temps à autres de leur marais pour balancer des menaces pourries, on ne trouve pas de véritables intérêts dans ses personnages.

Bref, Man thing vaut surtout pour son monstre, ses effets léchés et son cadre absolument envoûtant. La mise en scène aidant à installer une ambiance empreinte de mystères, l'on regrettera que le scénario soit finalement sans surprise et que ses protagonistes peinent à asseoir une place d'importance au sein de l'intrigue. Toutefois, il est bon de noter que le film se laisse suivre agréablement et que l'on se prend au jeu, ne serait-ce que pour le simple plaisir de voir sa créature « branchée » titiller ses victimes du coin de la feuille. Une production SyFy au-dessus des innombrables étrons auxquels le studio nous a habitués.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Ghost Rider : L'esprit de Vengeance

Ghost Rider : L'esprit de Vengeance

Le retour du Rider avec sa grosse moto enflammée et sa tête de carbonisé pas frais, vous l'attendiez avec impatience, hein, bande petits coquins ? Comment ça, non ? Je vois ce que c'est, vous pensez encore à Mark Steven Johnson ... mais rassurez-vous, braves gens, le réalisateur du premier opus n'est plus de la partie. A la place, vous aurez droit aux deux barjots derrière les Hyper...
Alice Sweet Alice

Alice Sweet Alice

Préparez-vous car aujourd’hui, c’est communion. Et en attendant que vous récitiez vos prières par cœur, je vais vous parler d’ Alice, Sweet Alice . Grâce à Rimini, une maison d’édition déguisée en père Noël toute l’année, vous allez découvrir un slasher un peu particulier, et sorti quelque temps avant le maître-étalon du genre, à savoir le Halloween de John Carpenter...
Témoins du mal, Les

Témoins du mal, Les

Le pays ibérique a prouvé plus d’une fois qu’il était un pays à suivre en matière de films d'épouvante. Il faut dire qu'en très peu de films, les téléspectateurs du monde entier ont pu apprécier et trembler devant des métrages de qualité comme [Rec] ou encore la série des Peliculas para no dormir . Cela dit, le pays possède aussi son lot de films très moyens et parfois la déception est amère, il...
Frankenstein's Army

Frankenstein's Army

Le monde du Found Footage est décidément bien vaste. Je ne vous apprendrai rien en écrivant que ce sous-genre du cinéma d'horreur possède de nombreux détracteurs à cause de ses qualités visuelles souvent discutables, mais force est de reconnaître qu'il propose aussi un cadre cinématographique propice à de nombreux délires et qu'il sait s'adapter à toutes les sauces, que ce soit la SF ( Apollo 18...
Massacre au Camp d'Eté 2

Massacre au Camp d'Eté 2

**Attention, cette critique contient des spoilers.** Cinq ans après une sanglante vague de crimes commise non loin de là, un camp de vacances est victime de mystérieuses disparitions en chaîne. Moins connue que son homologue Jason Voorhees, Angela est pourtant au centre de la saga des Sleepaway Camp , initiée en 1983 et toujours d'actualité (un sixième volet est prévu pour 2011). Oeuvrant à...