Voir la fiche complète du film : Grizzly Park (Tom Skull - 2008)

Grizzly Park – Critique

Grizzly Park
Un film d'une nullité et d'une stupidité effarantes...
Publié le 20 Juin 2010 par Geoffrey · Voir la fiche de Grizzly Park

Le premier contact avec Grizzly Park n'est pas désagréable. Le visuel de couverture est classique mais sympathique et la jaquette clame fièrement "Grizzly Park s'impose comme la référence des films de Grizzly". Un slogan sans âme et qui ne convaincra personne mais puisqu'il est là, quelqu'un a bien dû l'écrire.
Alors maintenant il y a deux possibilités: soit cette personne n'a pas vu le film, soit Grizzly park était le seul métrage en compétition dans cette catégorie. Parce que franchement, le métrage de Tom Skull (un pseudo?) est loin d'être un chef-d'oeuvre. Au contraire, Grizzly Park est ce qu'on appelle dans le jargon, un nanar. Et un beau qui plus est! Alors pour ceux qui ne le sauraient pas, un nanar est un film tellement mal réalisé et ridicule qu'il en devient involontairement amusant et comique. Une définition qui s'applique parfaitement à Grizzly Park tant le film s'avère une ode à la stupidité et une apologie du rien!


Regardez-le bien, ce sera bref!

Huit jeunes adultes se retrouvent ensemble dans un endroit reculé d'une forêt californienne protégée aussi connue sous le nom de Parc Grizzly. Sous la supervision du Ranger Bob, ce groupe de jeunes gens doit nettoyer les bois après la saison touristique. Mais pendant que Ranger Bob tente de servir de guide spirituel et d'exemple aux campeurs peu enthousiastes, un sanglant tueur en série en cavale se retrouve lui aussi dans les bois. Il n'est cependant pas le seul meurtrier en liberté dans les environs...


Sympas les travaux d'intérêt général en Amérique...

Tout ne commence pourtant pas si mal. Le générique d'ouverture est ainsi vraiment bien foutu et laisse augurer un spectacle de qualité. Malheureusement, c'est après que ça se gâte. Le début du film suit l'évasion d'un serial-killer, lequel va finir par jouer les chauffeurs pour le groupe de jeunes délinquants. Mais déjà, un détail laisse perplexe: le tueur se promène avec une chemise tellement maculée de sang qu'on n'en voit plus la couleur. Et apparemment ça ne gène personne! "Je me suis sali en changeant une roue" explique-t-il. Bon ben s'il le dit...
Ensuite, le scénario ne prend pas la peine de nous présenter les personnages autrement que via une brève photo. Qui sont-ils? Que font-ils dans la montagne? Ne cherchez pas, vous ne le saurez pas avant l'heure de film.

Ceci n'est toutefois que la partie émergée de l'iceberg car les incohérences du scénario sont légions et parfois tellement énormes qu'on se demande comment le réalisateur a pu les laisser passer. Il y a au total une quantité hallucinante de stupidités et les citer toutes est impossible mais je vais en donner quelques exemples:
- Le ranger Bob est un gros nul qui ne sert à rien et ne se prive pas de laisser cette bande de délinquants livrés à eux-mêmes. Bravo pour la surveillance!
- Le jeune raciste nazi s'amourache d'une latino et reciproquement.
- Le serial killer est aussi inutile que le ranger Bob puisqu'il disparait de l'histoire après une demi-heure au gré d'une pirouette scénaristique.
- Les jeunes sont tous des abrutis au dernier degré (avec mention spéciale à la nunuche énervante!).
- Et surtout, le grizzly est quasiment absent! On ne voit le gros nounours que cinq minutes sur l'entièrement du film! On se demande d'ailleurs encore pourquoi celui-ci s'appelle Grizzly Park...
Bref, tout ceci pour dire que le scénario a été rédigé avec les pieds par un incompétent. Et encore je n'ai même pas parlé des dialogues d'une stupidité abyssale et du fait qu'il ne se passe strictement rien durant 95% du film...


Je me suis sali en changeant une roue qu'il dit...

Mais dans un nanar, une mauvaise histoire ne serait rien sans des acteurs au diapason. Et dans Grizzly Park, c'est la totale! Tous sont mauvais comme des cochons. Même le sympathique Glenn Morshower (Aaron Pierce dans 24h Chrono) est ici transparent et amorphe. Il traverse le film en gardant les bras ballants et débite ses dialogues avec un manque de conviction particulièrement voyant. Malgré tout, son personnage de ranger reste encore le plus crédible dans cette galerie de stéréotypes (le black sympa mais un peu énervant, la latino chaude comme la braise, l’aryen de service, la bombasse bête comme ses pieds, etc...). Rajoutez à cela un doublage général catastrophique et vous obtenez de belles performances d'acteurs.
Il faut dire que les personnages en eux-mêmes sont déjà bien grâtinés, alors incarnés par des jeunes minets têtes à claques et mal doublés, vous imaginez ce que ça peut donner.


J'allais oublier de vous parler du faux nounours!!

Pour aggraver son cas, la réalisation de Tom Skull ne relève pas le niveau. Il faut lui laisser que mettre en images une histoire où il ne se passe rien n'est pas facile, mais même dans les rares moments "d'action" le bonhomme nous gratifie d'une réalisation digne d'un téléfilm d'après-midi. Les seules éclaircies dans la grisaille n'arrivent qu'à la toute fin, quand le grizzly décide enfin de s'énerver un peu, et se présentent sous la forme de quelques plans gores plutôt bien foutus. Au menu, vous aurez donc droit à une décapitation, un découpage sanglant avec tripes apparentes et plusieurs coups de griffes. Vous ne risquerez toutefois pas l'indigestion avec si peu.


Tous avec moi: "Le ranger Bob est un gros mou, euh!"

Néanmoins, malgré toutes ses tares, Grizzly Park fait un peu mieux que le récent Grizzly Rage de David Decoteau, c'est dire le niveau. Les amateurs d'ours tueurs peuvent encore ronger leur frein avant de voir débarquer un film qui satisfera pleinement leurs envies car en l'état, le film de Tom Skull n'amusera que les nanardeurs nourris aux pellicules sympathiquement mauvaises.

"Grizzly Park s'impose comme la référence des films de Grizzly". Probablement, mais en même temps c'est l'un des seuls...
 

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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