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La Fille de Dracula – Critique

La fille de Dracula

Au chevet de sa mère, Luisa Karlstein apprend qu'une malédiction plane depuis plusieurs générations sur leur famille. Complémentaire des autres métrages vampiriques de Franco, la Fille de Dracula illustre assez bien le cinéma du cinéaste espagnol, entre sadisme sensuel et flou artistique, sur fond de fantastique.

Publié le 11 Juin 2018 par GORE MANIAC · Voir la fiche de La fille de Dracula

Au chevet de sa mère, Luisa Karlstein (Britt Nichols) apprend qu'une malédiction plane depuis plusieurs générations sur leur famille. La crypte des Karlstein renfermerait le cercueil d'un vampire, Dracula.

Dans sa longue filmographie (plus de 200 longs-métrages à son actif), le cinéaste ibérique Jesus Franco s'est souvent intéressé au mythe vampirique. Il s'y attache donc encore une fois dans cette relecture de Carmilla, de Sheridan Le Fanu, saupoudrée du Dracula de Stoker.

Dernière héritière des Karlstein, Luisa va découvrir l'atroce ombre planant sur sa famille depuis des lustres : celle-ci étant la proie du célèbre Dracula (Howard Vernon). Comme toujours chez Franco, le vampire privilégie les belles jeunes femmes dénudées, que Luisa lui apporte après avoir elle même profité de quelques moments agréables avec les futures victimes.

D'entrée, la scène d'introduction plante le décor. Des yeux hypnotiques observent une femme nue dans sa baignoire. On pourrait alors se croire dans un giallo, les regards du tueur ayant fortement inspiré des Bava et des Argento à une époque où ce sous-genre transalpin faisait ses premières armes. Cependant, le cinéaste axe le reste de son intrigue sur des éléments qui lui sont chers : érotisme (souvent saphique), fantastique léger et enquête policière multipliant les suspects (du comte boiteux au secrétaire inquiétant, en passant par son étrange épouse).

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Datant de 1972, ce film se situe dans la décennie phare de Franco. A une période riche en séries B d'exploitation, le réalisateur tourne souvent deux à trois films à la suite, utilisant les mêmes décors et acteurs afin de réduire au maximum les dépenses et d'exploiter au mieux chaque tournage. Tourné au Portugal, en même temps que les Démons et la Malédiction de Frankenstein, la Fille de Dracula dispose d'une aura latina charmante, avec ses hacienda aux couleurs chaleureuses, de somptueux paysages maritimes et des parcs superbement arborés. La découverte de la crypte est, à ce titre, la scène la plus marquante de ce métrage, les cris perçants d'une multitude d'oiseaux accentuant le caractère sauvage et impulsif du vampire.

L'autre point fort du métrage se nomme Britt Nichols. Sous ce pseudo international se cache un mannequin portugais qui oeuvra dans une dizaine de films, la plupart chez Franco, au début des années 70. Dégageant une sensualité troublante, la jeune femme ne s'en tire pas trop mal en matière d'interprétation, contrairement au méchant du film : Dracula. Grotesque dans ses mimiques, Howard Vernon, acteur fétiche de Franco, livre ici l'une des pires prestations de sa carrière, se montrant moins à son aise qu'en savant fou ou qu'en vulgaire psychopathe. Face à lui, Franco en personne s'en sort avec les honneurs dans son habituel rôle d'inquiétant second couteau. Daniel White, son compositeur fétiche, prête également ses traits à un bien discret comte Karlstein.

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Sur une musique de piano bar répétitive et agaçante, le film alterne ensuite entre ravissement des victimes et scènes érotiques, Franco usant de gros plans scabreux et flous dont lui seul a le secret. La scène finale, avec la sempiternelle mise à mort enflammée du monstre, parait bien conventionnelle, à l'instar d'un film qui n'apportera rien aux deux personnages vaguement évoqués ici par le cinéaste.

Edité ce mois-ci par Artus en Blu-Ray, dans le cadre de sa collection Jess Franco (avec trois autres films), la Fille de Dracula a fait l'objet d'une restauration de l'image remarquable, proposant une splendide carte postale du Portugal. La piste sonore proposée (uniquement en VF) s'avère toutefois moins convaincante (surtout le doublage de quelques personnages, dont Karine).

Complémentaire des autres métrages vampiriques de Franco (les Nuits de Dracula et la Comtesse Noire), la Fille de Dracula illustre assez bien le cinéma du cinéaste espagnol, entre sadisme sensuel et flou artistique, sur fond de fantastique.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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