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La Secte des Morts Vivants – Critique

La Secte des Morts Vivants

Dans un village grec, le Père Roche s'inquiète de la disparition mystérieuse de trois étudiants en archéologie. Un nanar grec à ne réserver qu'aux nostalgiques d'un cinéma d'antan peu exigeants.

Publié le 4 Janvier 2012 par GORE MANIAC · Voir la fiche de La Secte des Morts Vivants

**Attention, cette critique contient quelques spoilers.**

A la fin des années 70, dans un petit village grec, le Père Roche s'inquiète de la disparition mystérieuse de trois étudiants en archéologie. Il fait appel à l'un de ses anciens protégés, devenu détective privé aux Etats-Unis, pour l'aider à les retrouver.

En 1976, la Hammer n'est plus que l'ombre d'elle même et l'apparition d'une horreur plus visuelle (La Nuit des Morts-Vivants, L'Exorciste) semble la condamner irrémédiablement.
C'est sans doute ce qui explique le choix exotique d'un Peter Cushing vieillissant de jouer un baron sadique dans ce film grec dont l'autre particularité est d'avoir également persuadé Donald Pleasence de participer à cette aventure.

Alors cantonné à des rôles secondaires (souvent de méchants), Pleasence est encore en quête de son grand rôle, qu'il obtiendra deux ans plus tard avec celui du Docteur Loomis dans la saga culte des Halloween.

Dans les années 70, l'Europe connait une belle époque en matière de cinéma fantastique. La France et l'Espagne, avec Jean Rollin et Jesus Franco en figure de proue, mélangent avec onirisme et noirceur érotisme et horreur, tandis que l'Italie joue le jeu du giallo avec gourmandise (avec les derniers Bava et les premiers Argento).
Très réputé en Grèce, Costas Karagiannis tente donc d'ouvrir ici une brèche ensanglantée dans le paysage audiovisuel local. Auteur de Death Kiss, Karagiannis associe plusieurs thèmes dans la Secte des Morts-Vivants : les messes noires et les morts-vivants.

En effet, pour rendre grâce à leur Dieu Minotaure, qui visiblement leur a offert la vie éternelle, les villageois doivent lui offrir régulièrement des sacrifices humains. En ersatz improbable du père Merrin, Pleasence s'en va donc combattre le baron et sa secte avec l'aide d'un privé qui préfère la boisson et la drague aux interrogatoires.

Dès le début de l'enquête, on a davantage l'impression d'insister à des vacances improvisées. L'humour est certes parfois présent (le Père Roche a peur de la vitesse en voiture et n'est pas insensible aux tenues légères de la petite amie d'un des disparus), mais il ne peut voiler l'insondable langueur qui sévit dans ce métrage, la faute en partie à un scénario aussi court que le short des deux héroïnes.
Il faut ajouter que les frissons sont totalement absents des débats, et que les rares scènes évoquant des cérémonies sataniques sont plutôt ennuyeuses et assez vite expédiées.

On se demande aussi où veut en venir le réalisateur par le biais de certaines séquences n'apportant strictement rien à l'intrigue. A ce sujet, il serait difficile de n'incriminer que Karagiannis. Le montage du film semble en effet douteux.
En France, l'éditeur Seven Sept a sous-titré certaines scènes de la version française mais a oublié d'en sous-titrer d'autres, de sorte que la VOST est ici bien préférable à regarder, ce travail bâclé n'aidant pas un métrage déjà brouillon.

On regrette aussi le rôle trop peu développé tenu par Peter Cushing, dont le duel avec Donald Pleasence se résume presque à un final aussi ridicule qu'incompréhensible (les morts-vivants ne sont pas tous tués, et retournent à leurs occupations, sans la moindre explication).

Vieillot, déséquilibré et longuet, la Secte des Morts-Vivants est un métrage qu'on oubliera bien vite. On retiendra seulement qu'il permet de voir s'affronter deux légendes du fantastique à la croisée de leurs carrières respectives.
En outre, ce long-métrage marque aussi, en quelque sorte, la fin d'un certain cinéma d'épouvante européen (la Hammer et son romantisme gothique), qui finira par être englouti par la vague brutale des slashers américains.

En résumé, un nanar grec qui ne présente même pas le mérite d'être totalement parodique (comme le fera plus tard l'Attaque de la Moussaka Géante), à ne réserver qu'aux nostalgiques d'un cinéma d'antan peu exigeants.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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