Voir la fiche complète du film : Amityville : L'histoire vraie (Craig Collinson, Nick Freand Jones - 2005)

Amityville : L'histoire vraie – Critique

Amityville : L'histoire vraie

Un documentaire objectif qui ne manque pas de rigueur pour évoquer l’affaire Amityville et ses conséquences, bénéfiques ou non, sur les principaux intervenants. Instructif et intéressant, le tout narré avec suffisamment de recul pour ne pas prendre parti pour l’arnaque éhontée ou la constatation d’une véritable hantise.

Publié le 17 Mai 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Amityville : L'histoire vraie

Avec ses huit longs-métrages et un remake en l’espace de 25 ans, la saga Amityville se distingue surtout par sa longévité et non par ses qualités artistiques fluctuantes. À l’occasion de la sortie du film d’Andrew Douglas, un documentaire a été réalisé, non pour effectuer une rétrospective sur les précédentes productions, mais pour revenir sur les deux principaux faits divers. Ceux-ci ont donné lieu à une notoriété exponentielle, dépassant largement les côtes de l’île de Long Island. Si le sujet a pu être évoqué dans d’autres itérations télévisuelles, notamment lorsqu’on se penche sur le travail du couple Warren dans le domaine de l’occultisme, le présent documentaire fait un point sur le mystère du 112 Ocean Avenue.

Un accueil toujours aussi chaleureux

Pour rappel, l’affaire Amityville se scinde en deux parties distinctes. Le meurtre de la famille DeFeo et l’emménagement des Lutz. Ce qui s’apparente à un drame familial prend une tournure paranormale avec la supposée possession du principal accusé: Ronald DeFeo. D’une manière assez rigoureuse, la première partie tend à dépeindre les faits par le biais de témoignages, de photos d’archive et même d’une interview de Ronald dans les années1990. Le ton s’axe principalement comme une émission de faits divers où la narration se fait avec retenue. Entre autres, celle-ci décrit les circonstances, le mobile éventuel et le déroulement des faits dans l’ordre chronologique.

Le travail d’enquête reste précis et profite d’avis de première main, comme les journalistes qui ont couvert l’affaire ou l’avocat du prévenu. Le documentaire a le mérite de faire preuve du recul nécessaire pour replacer les événements dans leur contexte. L’histoire a tellement été triturée dans tous les sens qu’après plusieurs décennies, il paraît difficile de démêler le vrai du faux, la réalité de la légende urbaine. Certaines pistes écartées par la fiction sont pour le moins troublantes, comme la possible implication de Dawn DeFeo dans le massacre de sa famille. Une explication qui justifie certaines errances des investigations où l’on soupçonnait un éventuel complice pour tenir en respect les victimes.

Une petite visite du musée privé des Warren avec Annabelle pour guide !

De fait, la théorie de la possession démoniaque est mise à mal. Et cette objectivité se retrouve dans une seconde partie où l’on donne cette fois-ci la parole à George Lutz. Sa version des faits précède celles d’intervenants extérieurs. Enquêteur, journaliste, parapsychologue et autres «experts» se succèdent. On part du postulat que le récit des Lutz est de bonne foi avant de mettre l’accent sur les incohérences et les contradictions qui en résultent. Certes, la réalisation reste en retrait de toute interprétation ou de parti pris, mais l’on sent clairement que le scepticisme est prépondérant. Et cela ne tient pas uniquement à l’incrédulité d’éventuelles manifestations paranormales.

Certaines interviews démontrent des motivations mercantiles difficiles à occulter. Cela concerne majoritairement le couple Lutz et son comportement versatile à promouvoir ou non l’affaire, ainsi qu’à sa rencontre avec l’avocat de Ronald DeFeo. Quant à Jay Anson, l’auteur du best-seller The Amityville Horror, l’homme se moquait bien de la véracité des faits. Il flairait simplement la poule aux œufs d’or pour ne plus avoir à travailler ou écrire. Assez accablant, tout comme l’absence d’antécédents ou de suite entre cette parenthèse «DeFeo - Lutz». Bien qu’il reste certains pans inexpliqués et que certains éléments demeurent assez troublants, la résolution de l’énigme tient peut-être uniquement aux dérives de la cupidité.

Quand le faux George Lutz rencontre le vrai...

Au final, Amityville - L’histoire vraie est un documentaire court qui a le mérite d’aller à l’essentiel. La réalisation se permet de recentrer l’affaire dans son contexte avec un pragmatisme indissociable de l’exercice. La progression se veut dynamique et la rigueur journalistique se contente de relayer les faits sans interprétation aucune. Un point basique dans la déontologie de la profession qui lui fait néanmoins cruellement défaut depuis de nombreuses années. Toujours est-il que des éléments peu connus ressurgissent et donnent à Amityville un arrière-goût amer, où l’argent facile et la crédulité ne sont jamais très éloignés des phénomènes paranormaux et des manifestations diaboliques.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

La Horde

La Horde

Dans la banlieue parisienne, suite au meurtre d'un des leurs, un quatuor de policiers décide de se rendre justice lui-même en investissant, de nuit, la tour d'un immeuble délabré dans lequel squatte un gang. Néanmoins, l'opération se passe mal et, au dehors, de terribles événements changent la donne. Journaliste dans plusieurs revues (Positif, Mad Movies...) et présentateur sur...
The Lure

The Lure

Dans la ville de Varsovie, Or et Argent, deux sirènes à la voix enjôleuse, intègrent une troupe d’artistes dans un cabaret. Bien sûr, l’ambiguïté naissante entre l’une de ces deux dernières et un jeune homme du groupe va, comme tout bon élément perturbateur qui se respecte, entraîner une série de complications. Cette relecture du conte "La Petite Sirène" de Hans...
Terrapocalypse

Terrapocalypse

À l’instar d’autres genres, le film catastrophe est parvenu à un tel stade de décrépitude qu’il est difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Si certaines productions sur grand écran prônent une approche spectaculaire et un patriotisme outrancier, les DTV et autres téléfilms fauchés rivalisent de ridicule par des effets spéciaux ignobles et des concepts farfelus. On...
Peur Bleue 2

Peur Bleue 2

Annoncée il y a peu, la suite de Deep Blue Sea ( Peur Bleue en version française, à ne pas confondre avec l’adaptation éponyme du roman lycanthrope de Stephen King) ne promettait pas que de bonnes choses, loin de là. Ayant la lourde tâche de succéder au plus gros blockbuster de requins des années 2000, cette petite production est, quant à elle, annoncée sur la chaîne Syfy, connue pour...
Milo sur Mars

Milo sur Mars

Adapté d'un livre pour enfants de Berkeley Breathed , ce nouveau film du réalisateur de la sous-estimée Machine à explorer le temps version 2002 se présentait sous les meilleurs auspices: une histoire intéressante, un budget de 150.000.000$ pour la porter à l'écran, un réalisateur habitué à l'animation, le talent du studio de Robert Zemeckis ImageMovers Digital , et des acteurs sympathiques...