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Milo sur Mars – Critique

Milo sur Mars
Un film d'animation de SF bancal mais plastiquement réussi. Plaisant sans plus...
Publié le 31 Août 2011 par Geoffrey · Voir la fiche de Milo sur Mars
Adapté d'un livre pour enfants de Berkeley Breathed, ce nouveau film du réalisateur de la sous-estimée Machine à explorer le temps version 2002 se présentait sous les meilleurs auspices: une histoire intéressante, un budget de 150.000.000$ pour la porter à l'écran, un réalisateur habitué à l'animation, le talent du studio de Robert Zemeckis ImageMovers Digital, et des acteurs sympathiques.

Pourtant, Milo sur Mars, qui devait arriver au printemps sur les écrans français, a disparu du planning des sorties cinéma suite à des résultats catastrophiques sur le sol américain (à peine 21.000.000$ récoltés).
Vous en conviendrez: cela n'a rien de rassurant...


Exclusif: les extra-terrestres aussi jouent aux Sims!

Milo mène la vie dure à sa mère, qui fait pourtant tout pour l'élever de façon correcte. Un soir, il lui dit même que sa vie serait meilleure sans elle.
Mais alors qu'il est rongé par le remord, il surprend des extra-terrestres en pleine capture de sa mère. S'infiltrant dans leur vaisseau, il se retrouve sur Mars et apprend qu'il a sept heures pour sauver celle qui l'aime...


Kwa?? Ils en veulent à ma môman?

Déjà, il faut savoir que le film dure 1h20 et que durant ce laps de temps, nous assisterons à la présentation des personnages, à l'enlèvement de la mère, à la découverte de la société martienne séparée en deux sous-cultures (à la façon de Gunnm, les uns en haut, les autres dans la décharge), au sauvetage de la mère et enfin à une modification radicale de la culture martienne. Ouf!
80 minutes pour voir tout ça, c'est court, me direz-vous. Et vous aurez mille fois raison puisque le plus gros problème de Milo sur Mars, c'est clairement son manque de développement, ajouté à une narration rendue bancale par une durée plus que réduite au regard d'un tel sujet.
Ainsi, Milo et sa mère nous sont présentés en trois minutes à peine, de même que la société martienne, le sauvetage de la mère, le passé de Gribble, etc...
Comment la culture martienne est-elle devenue castratrice et matriarcale? On n'en saura presque rien. Et pourtant, c'est la base même du film.
Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres. De la rencontre avec Gribble au changement de mentalité des femmes martiennes, tout va trop vite, c'est un véritable rollercoaster cinématographique. Par conséquent, en plus d'être frustré par le manque d'explications, le spectateur n'a pas le temps de s'attacher aux personnages, ni de s'intéresser à ce qui leur arrive. Il faudra attendre plus de la moitié du film pour enfin voir poindre une touche d'émotion et s'attacher aux héros.
Vous avez dit gênant?

On peut également noter quelques incohérences étonnantes dans le scénario. En vrac : un humain peut survivre sur Mars pendant 25 ans sans nourriture, ni eau apparente ; apparemment, les martiens respirent dans la même atmophère que nous ; le sous-sol de Mars est bourré d'air, mais à la surface, des fois, t'as besoin d'un scaphandre pour respirer, des fois non, ça dépend si ça arrange les scénaristes ; sur Mars, si tu tombes d'une hauteur vertigineuse, tu t'en sors sans une égratignure (sans doute grâce à la gravité)... etc.


Gribble, ou comment devenir gros sur une planète stérile...

A ce stade de la critique, vous vous dites très certainement: Ouais, en gros, Milo sur Mars est une belle daube à 150.000.000$. Ce à quoi je vous répondrais: n'exagérons rien. Certes, le film a de gros défauts, mais il parvient à les contrebalancer par des qualités de haute volée.

Commençons par le plus évident:
Une esthétique qui flatte la rétine. Certes, elle est sous influence (on pense aussi bien Star wars qu'à d'autres classiques de la SF), mais l'ensemble est très homogène et réussi. En outre, l'animation est de bonne qualité (faut voir bouger la graisse de Gribble) malgré des mouvements parfois bancals.
Bref, graphiquement, ça dépote un max et si l'on peut de temps à autre apercevoir une texture baveuse, dans l'ensemble, c'est du grand art.

La réalisation ensuite est de bonne tenue et l'animation par ordinateur permet quelques séquences visuelles de folie.
Néanmoins, au milieu de ce maelstrom d'action, on parvient à reconnaitre certains "tics" caractéristiques de la patte du réalisateur Simon Wells, comme ces plans d'ensemble rythmés par une musique grandiose (pour illustrer cet exemple, je citerais la séquence de présentation des constructions Elois dans La Machine à explorer le temps) et c'est tout à son honneur d'avoir su conserver son style.
Bref, Simon Wells a clairement pêché au niveau de la narration, mais sa réalisation en elle-même est plutôt bonne. Dommage.

Pour finir, l'histoire reste intéressante malgré ses énormes défauts et les spectateurs les plus indulgents fermeront les yeux sur ses carences sans trop de problème.


Star Wars n'est pas loin...


... Tron non plus d'ailleurs.

On peut malgré tout se demander à qui s'adresse le film, car il n'est pas assez enfantin pour les petits et pas assez adulte pour les grands. Reste les adolescents nourris aux jeux-vidéos et à l'esbrouffe visuelle, eux devraient s'éclater pleinement. Pour un blockbuster à 150.000.000$, c'est trop limité, ce qui explique en partie ses mauvais résultats au box-office.
Néanmoins, si vous avez l'occasion de jeter un oeil dessus au détour d'un DVD soldé ou d'une diffusion télé, n'hésitez pas, car malgré ses défauts, le film reste divertissant.
Geoffrey Claustriaux
Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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