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Deadly Cargo – Critique

Deadly Cargo

S’appuyant sur des prétextes illogiques et des protagonistes aux comportements versatiles, Deadly cargo multiplie les incohérences à tous les niveaux de sa production. Décousue et contradictoire, cette histoire absurde se pare de grands airs pour un résultat misérable.

Publié le 30 Juin 2017 par Dante_1984 · Voir la fiche de Deadly Cargo

Qu’il s’agisse d’horreur ou de thriller, l’océan est un lieu particulièrement propice à développer des atmosphères oppressantes. Une vaste étendue d’eau confère un isolement similaire à des espaces restreints où s’épanouissent les huis clos. En cela, le sujet possède d’indéniables qualités retranscrites dans des productions telles que Calme blanc ou Un cri dans l’océan. Toutefois, l’exercice fournit de temps à autre quelques navets, comme Le bateau des ténèbres ou Le clandestin. Ici, il n’est nulle question de bestioles grouillantes, de navires hantés ou même de piraterie moderne. Deadly Cargo, c’est avant tout un imbroglio scénaristique qui n’en demandait pas tant.

Il y a erreur sur la coque de noix !

On part pourtant sur un postulat relativement sympathique où un groupe de touristes effectue une petite virée au large des côtes du Sénégal. Leur excursion tourne court quand leur bateau coule. On joue alors de prétextes et d’absurdités pour tenter de mettre en route la machine. Les circonstances du naufrage sont aussi navrantes qu’incongrues. Pourquoi braquer avec un pistolet lance-fusée sur un cadavre que l’on vient de secourir? Bref, admettons cette maladresse passagère. Dès lors, trois choix s’offrent aux personnages: rester sur place, nager pendant sept heures ou, un peu plus tard, se diriger vers un navire qui navigue dans le coin.

Si la dernière solution semble la meilleure, le fait de voir un type se faire égorger et jeter par-dessus bord aurait dû les refroidir. Eh bien, fonçons! Nageons vers notre perteen jouant les clandestins sur ce cargo de cinglés! Si l’intrigue ne paie pas de mine, elle est constamment malmenée par des comportements incohérents et des réactions improbables. Chaque personnage va passer par différents stades: le courage, la lâcheté, l’opportunisme ou l’esprit suicidaire. On ne réussit jamais à cerner les motivations qui animent leurs décisions. On se sépare. On reste ensemble. On se sépare à nouveau... Un ami mal en point? Prenons une photo pour un pseudo-reportage inexistant au lieu de le détacher!

Un équipage dans la tempête !

À aucun moment, on ne parvient à ressentir une quelconque angoisse. Le cargo est immense, mais l’on se cantonne à quelques couloirs étroits et une cale humide. Une bien piètre exploitation des espaces et du potentiel d’un tel environnement! De plus, l’équipage compte seulement cinq membres pour faire naviguer un navire de cette taille. Même la caractérisation des antagonistes se révèle confuse à plus d’un égard. Pauvres hères en détresse, otages, psychopathes, malheureux imbéciles... Au lieu d’offrir une certaine ambiguïté, il en résulte des protagonistes inconstants, souvent pénibles, rarement crédibles. D’ailleurs, les interprètes n’aident guère à se sentir concernés par leur sort ou ce qu’ils infligent aux passagers clandestins.

On assiste alors à un défilé de séquences brouillonnes, passablement agaçantes. L’ennui se dispute à un affligeant ressentiment tant la progression est à la mesure de ses personnages. Parfaitement déséquilibrée, où les incohérences s’enchaînent pour déboucher vers un dénouement tout aussi ridicule et capricieux. Preuve en est avec la fameuse cage aux requins (très logique sur un cargo) et les errements qui succèdent aux différents affrontements verbaux et physiques. En clair, le grand n’importe quoi est de rigueur. À tel point que l’on ne remarque même plus les aberrations concernant les éléments propres aux films en milieu marin.

Il n'y a pas que l'intrigue qui se noie dans un flot d'absurdités...

Au final, Deadly Cargo est une production de seconde zone qui se distingue par la présence permanente d’incohérences. Au niveau de la caractérisation ou de la narration, le métrage de Pau Freixas démontre ce qu’il convient d’éviter pour n’importe quelle histoire. À force de dodeliner sur un pied ou sur l’autre, le réalisateur nous donne le mal de mer, mais pour des raisons qui sont entièrement de sa responsabilité. Direction des acteurs pathétiques, mise en scène aussi plate qu’une mère d’huile, intrigue poussive et sans fondement... Difficile de retenir le moindre aspect positif à un huis clos maritime qui ne parvient même pas à se distinguer dans un genre précis, et ce, qu’il s’agisse de l’horreur, de l’épouvante ou du thriller. Une production inepte.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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