Voir la fiche complète du film : L'Homme au Masque de Cire (André De Toth - 1953)

L'homme au masque de cire

Un remake pour le moins réussi qui tire le meilleur parti des atouts de la version de 1933. Davantage axé sur l’épouvante que sur la présence saugrenue de la comédie ou du film de gangsters, L’homme au masque de cire occulte la majorité des écueils de son prédécesseur.
Publié le 15 Avril 2018 par Dante_1984Voir la fiche de L'Homme au Masque de Cire
8

Pour des raisons de qualité et d’opportunisme, on a tendance à rejeter les remakes, basses initiatives mercantiles peu inspirées. Pourtant, le procédé a pour volonté de proposer un regard différent sur une histoire particulière, en y apportant quelques ajustements pour la «moderniser». Les véritables réussites, celles où le remake est supérieur à son modèle, sont rares, mais elles existent bel et bien. L’exemple le plus représentatif demeure The Thing. Moins connu, Masques de cire de Michael Curtiz possédait un certain charme; bien que de nombreux écueils l’empêchaient de se hisser au statut de classique de l’épouvante. Le remake d’André de Toth parvient-il à rectifier le tir?

Concernant la version de 1933, on lui reprochait principalement un mélange des genres inopportuns qui prenaient le pas sur l’épouvante et le thème principal. Il en ressortait une progression inconstante, favorisant les digressions et les personnages caricaturaux. Pour le reste, il est vrai que l’ambiance, les décors et l’idée initiale disposaient d’un fort potentiel pour que la Warner concurrence les autres grands studios de production. L’homme au masque de cire emprunte sensiblement un schéma narratif identique. À savoir, le parcours d’un artiste teinté de folie et de passion pour accomplir sa vengeance envers son agresseur et la société.

L’on ne retrouve pas forcément l’atmosphère gothique de l’entame originale qui tient ici à davantage de sobriété. Malgré le décalage temporel entre la séquence d’introduction et la suite de l’histoire, le contraste est moins flagrant, mais n’en demeure pas moins de qualité. Si la surprise du scénario ne fait plus l’ombre d’un doute, l’approche peaufine ses éléments principaux. Par exemple, en avançant de façon plus crédible le final par le biais de quelques incursions dans le sous-sol du musée. Passage qui arrivait de manière trop abrupte auparavant. On se trouve donc en terrain connu avec une progression respectueuse du matériau de base. Ce qui n’empêche nullement d’être conscient des écarts du film original.

Sur ce point, l’intrigue gomme les scories que l’on pouvait reprocher à Masques de cire. À savoir, un dilettantisme évident dans son développement soutenu par une galerie d’intervenants passablement agaçants et surfaits. On occulte à dessein le mélange comico-romantique et policier qui se montrait maladroits et faisait perdre de vue le côté horrifique du récit. Les scénaristes ont également travaillé sur la caractérisation afin de présenter des personnages autrement plus pragmatiques et crédibles dans leur réaction. Seul l’antagoniste conserve sa vision tourmentée de l’existence, Vincent Price succédant à merveille à Lionel Atwill.

Le fait de recentrer le film sur son intérêt premier permet d’apprécier ce que l’on attendait du métrage de Michael Curtiz. On se focalise uniquement sur les codes de l’épouvante en jouant de suspense et d’atmosphère lugubre pour étayer le tout. Il est vrai que l’usage de la 3D reste parfaitement anecdotique et ne se révèle qu’une plus-value commerciale au regard de la brièveté des passages concernés. Pour autant, l’immersion ne compte guère sur cet artifice pour emporter le spectateur. La finesse des décors et la fluidité de la progression fait s’alterner les séquences intérieures (principalement dans le musée) et extérieures (avec des environnements urbains retranscrit avec justesse).

Au final, L’homme au masque de cire sublime le matériau original. La version de 1953 réussit à exploiter toutes les qualités du film de Michael Curtiz en l’adaptant à un public plus ciblé. On oublie donc une évolution trop bavarde et digressive pour se concentrer sur le musée de cire et les mystérieuses disparitions qui l’entourent. On apprécie davantage l’ambiance à sa juste valeur. Les composantes de l’intrigue se voulant moins éparses et mieux maîtrisées. Il en ressort un remake convaincant qui surpasse son modèle. En cause? Une excellente assimilation des codes de l’épouvante et une approche plus pragmatique.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Trailer Park of Terror
On a tous des références. Dire le contraire serait mentir, car on a tous en tête des histoires faisant références à des films, des livres, voir même à des musiques qui nous parlent. Et bien souvent, quand on réalise un film ou que l'on écrit un livre, on a plusieurs auteurs ou réalisateurs en mémoire, en référence, et parfois même quelques films dont on s'inspire plus ou moins librement...
Vampire Lovers
En Styrie, au début du XIX ème siècle, d'étranges morts se succèdent tandis qu'une jeune femme s'immisce dans la vie de Laura, une fille de bonne famille. Au début des années 70, après l'énorme succès de ses franchises phares, principalement les Dracula et Frankenstein , la Hammer se devait d'apporter un peu de sang frais à sa ligne éditrice. Ainsi, en explorant par exemple une autre attraction...
Fairy in a cage
On connaît le cinéma japonais pour son originalité, sa folie et, parfois, sa violence graphique exacerbée au possible. Loin des fondamentaux occidentaux, on y découvre la plupart du temps une singulière mise en scène, une culture traditionaliste prégnante à travers une histoire farfelue et incongrue au possible. Dans certains cas, les films sont plus posés, mais il ressort toujours une volonté...
Starship Troopers : Invasion
Soyez honnête : qui croyait encore que la saga Starship Troopers pouvait renaître de ses cendres ? Plus grand monde, je pense, mais il semblerait que les producteurs (qui ne sont autres que Edward Neumeier , Casper Van Dien et Joseph Chou ) n'étaient pas de cet avis. Cela dit, ils ont sans doute estimé que pour y parvenir, il fallait un changement radical d'orientation artistique afin de...
Star Trek
Des années que les fans l’attendaient et il est enfin là, sept ans après Némésis , le dixième film de la saga. Avec à la barre J.J. Abrams , auteur d’un incroyable Mission impossible 3 et créateur des séries que sont LOST, Alias et la toute récente Fringe , Star Trek 11 a finalement débarqué sur nos écrans. Onzième film ? Pas tout à fait car le métrage est intitulé Star Trek , un...