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La Revanche des mortes vivantes – Critique

La Revanche des mortes vivantes

Un film d'horreur français bien Z mais aussi et surtout assez ennuyeux.

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de La Revanche des mortes vivantes

Quand un réalisateur français avec des titres aussi évocateurs que La voisine est à dépuceler (on me dit qu’il est déjà trop tard !), L’été les petites culottes s’envolent (quelle belle saison !) ou encore Le nain assoiffé de perversité (passe-partout n’a qu’à bien se tenir !) derrière lui se lance dans le film gore, il y a fort à parier que le résultat soit des plus douteux. C’est ce qui arriva en 1987, lorsque Pierre B. Reinhard (connu aussi sous les pseudos de Reinhard Brulle et Peter B. Harsone) offra cette Revanche des mortes-vivantes au public français.

Après la mort de trois jeunes femmes dans d’étranges circonstances, le directeur d’une usine de production de lait est suspecté par la police de ne pas avoir respecté certaines consignes sur l’élimination des déchets de sa fabrique. Et en effet, le directeur paye quelqu’un pour qu’il se débarrasse des déchets. Celui-ci ne se casse pas trop la tête et déverse les déchets aux abords d’un cimetière. Les trois jeunes femmes ne tardent pas alors à revenir à la vie, bien décidées à se venger d’OKF, l’entreprise de production de lait qu’elles tiennent pour responsable de leur mort…

Après vingt bonnes minutes de film où il ne se passe rien d’exceptionnel, les fameuses mortes-vivantes annoncées dans le titre du film font enfin leur apparition. A ce stade du métrage, le spectateur essaye déjà de suivre tant bien que mal une intrigue assez mal construite et mise en scène (et, au final, peu captivante et crédible) et attend patiemment que le sang coule à flot. Les masques hideux et impassibles des fameuses mortes-vivantes sont déjà un sérieux indice sur la qualité globale des effets-spéciaux du film et sur ce qui attend le spectateur dans le reste du métrage. Au menu donc : un talon planté dans l'oeil d'une pauvre femme, une éventration gratinée, un accouchement bien gore (mais aussi très "abstrait")... Bref, du classique quoi.

Comme dit le proverbe "fuyez le naturel, il revient au galop". Et le réalisateur Pierre B. Reinhard ne peut ainsi s'empêcher de glisser un bon gros soupçon d'érotisme dans son film. Inutile de préparer vos mouchoirs car lesdites scènes ne cassent pas trois pattes à un canard et se résument à quelques demoiselles se promenant légèrement vêtues (ou pas du tout) devant la caméra. Détail amusant au passage : les trois mortes-vivantes ont des faciès bien repoussants (normal me direz-vous, ce sont des cadavres) mais leurs corps demeurent "intacts". Cela ne fait pas très sérieux même si la fin alternative du film explique d'une certaine manière cet état de fait.

Le film contient son lot de détails et de séquences Z à souhait parmi lesquelles on retiendra notamment celle où nos trois ravissantes mortes-vivantes font un plongeon dans une piscine (elles nagent plutôt bien pour des mortes!). Des zombies femelles pas si bêtes puisqu'elles n'oublient pas de refermer leurs tombes avant de quitter le cimetière... Mais quand elles ne sont pas contentes, elles ne font pas les choses à moitié. La preuve avec ce pauvre homme qui se fait arracher le pénis sur le capot de sa camionnette, ou encore cette pauvre prostituée qui se fait empaler au sabre par là où ça ne doit pas faire du bien!

A tout cela s'ajoute un doublage français calamiteux, souvent en décalage par rapport au jeu des acteurs. Mention spéciale au doubleur du directeur allemand d'OKF, vulgaire caricature d'un accent franco-allemand. La revanche des mortes-vivantes joue donc la carte du Z jusqu'au bout. Même jusque dans cette fin alternative (disponible sur le dvd édité par Neo Publishing) qui explique certains passages du film mais qui ne change au final pas grand'chose à la qualité générale de l'ensemble.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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