Voir la fiche complète du film : Laid to Rest (Robert Hall - 2009)

Laid to Rest

Un slasher décevant, qui ne vaut que par ses effets gores et le look de son tueur vedette...
Publié le 26 Février 2012 par GeoffreyVoir la fiche de Laid to Rest
6

Laid to Rest n'a toujours pas connu les honneurs d'une sortie en Europe francophone, que ce soit au cinéma ou en DTV. Un sort étonnant au vu de la réputation correcte du bazar sur le net, mais finalement assez logique si l'on ne tient compte que de ses quelques qualités intrinsèques.
On pourrait toujours objecter en avançant que de nombreux DTV sont bien moins réussis que ce Laid to Rest, ce qui est vrai, mais on pourrait aussi rétorquer que d'autres lui sont bien supérieurs, ce qui serait tout aussi vrai.
Bref, Laid to rest est un film moyen qui n'a rien d'inoubliable.

En effet, seules deux choses sont vraiment réussies dans le film de Robert Hall : le tueur, charismatique en diable avec son look techno-stylé, et les effets gores. (Robert Hall a déclaré avoir privilégié les effets de plateau et cela se voit car la qualité de ceux-ci enterre tout ce qui se fait en CGI).


Hello. Moi c'est ChromeSkull...

Une jeune femme se réveille dans un cercueil, amnésique. Quand elle en sort, c'est pour être poursuivie par un tueur chauve, silencieux, et arborant un masque de squelette chromé, d'où son nom de ChromeSkull...


...et je ne suis pas là pour rigoler.

Au niveau du scénario, on ne peut pas dire que Robert Hall (également à la réalisation) se soit creusé les méninges. Une fille en détresse, un tueur mystérieux, quelques rencontres fortuites, et hop, l'affaire est dans le sac. Et puisque le bonhomme responsable de ce script d'une platitude confondante n'est pas plus doué avec une caméra à la main, le résultat final ne pouvait forcément être que moyennement emballant.

Mais ce script sans éclat aurait tout de même pu donner quelque chose de sympa si la réalisation avait été de qualité. Car, après tout, les bons slashers se démarquent rarement par l'originalité de leur histoire. Seulement, Robert se contente de proposer une mise en image qui frise, par moments, le téléfilm bas de gamme et se complait dans les séquences à la limite du nanardesques.
Se déroulant entièrement de nuit, Laid To Rest aurait en outre gagné à bénéficier d'éclairages plus travaillés.
Bref, la réalisation de Robert Hall est terne et maladroite, à l'image de son scénario truffé d'incohérences, principalement dans le comportement des personnages (Pourquoi nos zéros reviennent-il dans la tanière de ChromeSkull pour s'y enfermer au lieu de s'enfuir loin ???).

Sans compter qu'à ces tares déjà rédhibitoires s'ajoute un montage calamiteux. Celui-ci, opéré sans aucune subtilité, n'aide pas Laid To Rest à trouver un rythme de croisière satisfaisant et parvient même à gâcher certaines séquences de meurtre (un comble vu que les effets gores sont l'un des seuls intérêts du film!).


Heureusement, le film est généreux en hémoglobine.

Pour comprendre d'où viennent toutes ces approximations, il convient de détailler un peu le parcours de Robert Hall. Si son nom ne vous dit rien, rassurez-vous, c'est normal, car le gaillard est avant tout un spécialiste des maquillages d'épouvante. Il a ainsi oeuvré sur Paranormal Activity 2 et 3, sur The Crazies, Quarantine 1 et 2, en plus d'un paquet de séries et autres séries B.
Seulement en tant que réalisateur/scénariste, il n'a qu'un seul film à son actif, Lightning Bug, lequel est totalement inconnu par chez nous.

Ceci explique sans doute en grande partie pourquoi Laid to Rest manque de liant, de rigueur scénaristique et de crédibilité (le tueur, un homme à priori normal, possède une résistance surhumaine).
Ceci dit, à coté de ces nombreux errements, notons tout de même que le film contient de très bonnes idées, comme le final, très chouette, avec la découverte de l'identité de "Princesse" et l'affrontement ultime avec Chromeskull.


Des effets artisanaux comme on n'en fait plus...

Bref, il n'y a pas grand chose à retenir de ce slasher lamba, au scénario un peu neuneu, si ce n'est ses bons effets gores et son tueur qui a une classe folle. Dommage qu'il soit si mal mis en valeur.

Espérons que le sieur Hall aura appris de ses erreurs afin de nous pondre un ChromeSkull : Laid to Rest 2 qui fasse honneur à son boogeyman.

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Slice
À Bangkok, un serial killer sévit dans les rues les plus sordides de la ville. Il abandonne les cadavres atrocement mutilés de ses victimes dans une valise rouge. Devant le manque d’indices et son impuissance à arrêter le tueur, la police décide de relâcher un prisonnier pour l’aider dans son enquête. S’il permet la résolution de ses meurtres, il sera à nouveau libre. Kongkiat Khomsiri est un...
Les Châtiments
Par le biais de leur société Dark Castle, Robert Zemeckis et Joel Silver nous offrent régulièrement des films d'horreur qui, sans être excellents, nous procurent tout de même de très bons moments. On retiendra notamment La maison de l'horreur ou La maison de cire. Assez prévisible dans l'ensemble, mais rondement mené par leur réalisateur respectif. Qui plus est, si les premières...
2001 Maniacs : Field of Screams
Tous les ans, les habitants de Pleasant Valley organisent un grand festival où les invités d'honneur font office de barbecue. Mais cette fois-ci, ils sont contraints de s'exiler sur les routes pour continuer le carnage... Remake sympathique et décomplexé, 2001 maniacs nous narrait l'histoire d'un village paumé répondant au doux nom de Pleasant Valley où ses habitants s'amusaient à massacrer les...
Casper
Ah! Casper le gentil fantôme ! Un chouette petit dessin animé sans prétentions qui a bercé l’enfance de pas mal d’entre nous. La transposition en film ne paraissait pas devoir poser trop de problèmes au vu des possibilités offertes, mais on sait tous comment ça peut se terminer avec les adaptations sur grand écran… Un look très "Burtonnien" pour l'intérieur de la...
Blood on the Highway
Faisant route vers un concert réputé trash, trois jeunes gens, Carrie, Bone et Sam, se perdent et échouent à Fate, un patelin à première vue sans histoires, mais infesté de vampires. Depuis l'épatant Shaun of the Dead (2003), les parodies de films d'horreur retrouvent un second souffle. Ici, le duo de cinéastes Epstein-Rowan s'attaque donc au mythe vampirique. Revenu à la lumière par le biais de...