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Maléfique – Critique

Maléfique
Une adaptation live plus ambiguë qu’escomptée où la complexité des protagonistes n’a rien à envier à la profondeur visuelle d’un univers féerique aux atours des plus séduisants.
Publié le 12 Juin 2014 par Dante_1984 · Voir la fiche de Maléfique

La belle au bois dormant est sans aucun doute l’un des contes les plus populaires et connus. Entre le célèbre dessin animé de Disney, un ballet, un album de musique ou les apparitions des personnages en tant que guest-stars (Shrek 3 ou Once upon a time), l’histoire ne cesse de se perpétuer pour un public principalement jeune, mais pas seulement. Aussi, la volonté de produire une adaptation live n’est que partiellement surprenante de la part de Disney. Ce qui l'est beaucoup moins, c’est de retravailler le matériau de base pour découvrir le point de vue de Maléfique et, quelque part, l’envers du décor d’un récit si familier.

Un problème pour le moins... épineux.

En effet, l’on apprend de la bouche même de la narratrice que tout ne s’est passé comme on a pu nous le raconter. En cela, le scénario recèle une certaine ambiguïté dans sa construction. L’on démarre sur des bases connues en changeant uniquement l’angle d’approche. Jusque-là, rien de très surprenant. Toutefois, la progression se montre plus subtile que prévu avec un retournement des événements qui occulte l’aspect naïf du conte pour obtenir un ton plus dramatique et « adulte » de l’histoire. Bien sûr, on reste clairement axé sur un public familial où l’humour, l’aventure et le happy end sont de circonstances.

À ce titre, la part d’ombre de Maléfique n’est peut-être pas assez poussée. Certains pourraient même y trouver un traitement trop facile empli de subterfuges basiques. A contrario, le réalisateur réussit le pari de rendre attachant un « méchant » mythique de l’univers Disney. Pour se faire, la composition d’Angelina Jolie a son importance. Outre sa ressemblance physique avec le personnage, elle oscille entre bonté et méchanceté tout en lui offrant une ambivalence qui n’était pas forcément acquise. Le reste du casting est également impeccable avec une mention spéciale pour Sharlto Copley, en roi torturé par sa soif d’ambition et ses actes.

Un éclairage de nuit féerique.

L’un des attraits du film repose donc sur l’évolution de ces individus et la place qui leur est allouée et, par la suite, qu’ils prennent au fil d’une progression riche en péripéties. Ainsi, les méchants d’un jour ne sont pas les méchants de toujours et cachent surtout des blessures du passé encore vivaces. De fait, ce croisement des destins est également un carrefour où les personnalités basculent (ou pas) du mauvais côté de la barrière. Mis à part quelques exceptions (Aurore ou les trois bonnes fées), on a droit à un traitement non manichéen qui étonne de par sa maîtrise et sa subtilité dans une production grand public.

Visuellement, Maléfique propose des effets spéciaux sans faille. Étant donné que Robert Stromberg a officié sur les trucages de blockbusters réputés pour leurs graphismes (Avatar, Le monde fantastique d’Oz...), le résultat ne déçoit à aucun moment. Entre la scène de bataille au début, l’environnement fouillé ou les créatures imaginaires, l’univers de la belle au bois dormant est respecté, mais magnifié par une vision féerique somptueuse. Aussi bien les métamorphoses, les séquences de voltige ou l’exploration de la lande (sous son pire ou meilleur jour) sont autant d’atouts qui enchanteront les petits comme les grands.

Vraiment Maléfique (?)

Après des films beaucoup moins travaillés dans sa morale comme Les 101 dalmatiens ou Blanche-Neige et le chasseur, Maléfique émerveille sans oublier une complexité sous-jacente assez surprenante pour une production Disney. Certes, le final reste très classique et attendu ; tout comme le début, mais entre deux, les chemins de traverse et la progression des personnages sont beaucoup moins évidents. Non seulement, cette relecture de La Belle au bois dormant fait honneur au matériau de base ou au célèbre dessin animé, mais il s’en détache suffisamment pour ouvrir sa propre voie. Il en ressort un moment à la fois divertissant et intelligent lorsque l’on creuse une surface des plus aguicheuses.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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