Voir la fiche complète du film : Raspoutine: le Moine Fou (Don Sharp - 1966)

Raspoutine: le Moine Fou

En Russie, l'existence tumultueuse et troublante du moine fou Raspoutine, personnage hors du commun, incarné avec brio par l'immense Christopher Lee.
Publié le 3 Septembre 2010 par GORE MANIACVoir la fiche de Raspoutine: le Moine Fou
8
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.**

En Russie, à la fin du XIX ème siècle et au début du XX ème, l'existence tumultueuse et troublante du moine fou Raspoutine.

En 1966, la Hammer décide de s'attaquer au biopic de l'un des personnages les plus mystérieux et fascinants de l'Histoire, à qui l'on octroyait moults pouvoirs dans la Russie des tzars.
Bonne idée, le nom de Raspoutine (signifiant débauché en russe) évoquant des moeurs et des doctrines que ne renieraient pas les principaux héros tourmentés de la firme britannique. Néanmoins, à la seule condition que le rôle principal soit tenu par un acteur charismatique, ce genre d'adaptation ne pouvant se permettre des choix de second ordre.

Auréolé de quelques rôles déjà captivants (du comte Dracula au monstre de Frankenstein, en passant par la momie et Fu Manchu), Christopher Lee endosse donc ce rôle sur mesure.

Le film débute dans la campagne russe. Un aubergiste pense que sa femme est sur le point de succomber lorsque un étranger assoiffé la sauve en retirant son mal par simple apposition des mains.

Premier miracle de Raspoutine, qui s'ensuivra d'une nuit de fête et d'une bagarre sanglante, bien dans l'esprit de cet aventurier qui s'était en quelque sorte autoproclamé moine dans la réalité.
Décidant de prendre la direction de la capitale, Saint-Petersbourg, son charisme, son opporturnisme et sa malice lui permettront de séduire l'une des dames de confiance de la tsarine, et d'entrer dans les hautes sphères du pouvoir.

La Hammer prendra quelques libertés avec les faits historiques durant le film. Ainsi, la capacité hypnotique du moine fou sera mis en avant par le jeu époustouflant d'un Lee au sommet de son art, qui livre probablement ici sa meilleure prestation. Les mains guérisseuses de Raspoutine sont l'autre détail fort du métrage, alors que les connaissances occultes du personnage sont laissées de côté.
Pêle-mêle aventurier, amateur de bonne chair (dans tous les sens du terme) et de bon vin, danseur et bagarreur, le Raspoutine de la Hammer est un personnage haut en couleurs, tour à tour captivant et odieux, qui finira par attirer les rivalités et les jalousies dans une Russie joliment reconstituée, tant au niveau des costumes et des décors, les quelques séquences dansées apportant un aspect typique indéniable à l'ensemble du métrage, très esthétique donc.

La prestation de Lee reste toutefois l'atout majeur de ce film. La scène des acides, avec une caméra joueuse alternant les zones d'ombres et les yeux hallucinés de Raspoutine, est d'une incroyable force, la cruauté du héros traversant l'écran.
A mesure que son personnage s'isole, l'interprétation de Christopher Lee s'intensifie, portant à lui seul un métrage bien dans l'esprit de la Hammer, associant baroque, terreur psychologique et charme rétro.

Le soin apporté pour chaque scène fait désormais école devant le nombre incalculable de bandes fauchées inondant le marché de la vidéo.

L'épilogue peut se diviser en deux séquences bien distinctes. La première, presque à prendre au second degré, dévoile un Raspoutine gourmand et primitif, Lee s'en donnant à coeur joie dans cette composition à la limite de la parodie, à contre-courant du reste du film.
La seconde partie, effroyable, marque une rupture totale avec la séquence précédente. Raspoutine, résistant à un empoisonnement, livrera un duel final épique et violent, le métrage se clôturant de manière subite et brutale, à l'instar de sa figure centrale, dont la mort suscita bon nombre d'interrogations et de légendes.

Selon les faits, Raspoutine aurait résisté à un poison et aurait été abattu de trois balles avant d'être castré puis noyé dans un lac alors qu'il était encore en vie.
Sa disparition engendrera ensuite celle de la famille impériale, amplifiant l'aspect légendaire de ce personnage hors du commun, incarné avec brio par l'immense Christopher Lee.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Père Noël Origines
En général, on idéalise l’image du père Noël sous la forme d’un vieux bonhomme bedonnant et affable à la barbe blanche bien fournie, du moins est-ce là le cliché qu’entretient l’imaginaire collectif. Toutefois, l’on se penche rarement sur les origines du mythe pour découvrir des intrigues peu reluisantes ou qui entacheraient cette icône dénaturée au fil du temps par le matérialisme. Juha...
Amityville 2 : Le possédé
Le premier film de la saga Amityville se penchait sur la période d’habitation de la famille Lutz. Arnaque opportuniste ou cas avéré de maison hantée, l’intrigue se développait sur l’influence latente de l’assassinat de la famille DeFeo. Ce dernier point étant un argument de poids pour soutenir l’aura glauque des lieux. À peine évoqué en début de métrage, ce fait...
Sphère
Le psychologue Norman Goodman (Dustin Hoffman) est conduit en hélicoptère au beau milieu de l’océan pacifique pour ce qu’il croit être un accident d’avion. Lorsqu’il arrive sur place, il constate qu’il n’y a non seulement aucune trace d’un accident d’avion quelconque mais que plusieurs navires de guerre sont présents sur le même site. Il est rapidement conduit auprès d’Harold C. Barnes (Peter...
The Dark Knight Rises
(Avec la participation de Geoffrey) Batman est un personnage de comics aujourd'hui âgé de 73 ans. Créé par Bob Kane en 1939, ce justicier masqué sans pouvoir est rapidement devenu l'égérie de DC Comics , mais aussi l'un des super-héros les plus adulés et au même titre que Spider-Man , Superman , ou même Captain America , le justicier noir s'est vu adapté en séries et en films...
Dead Space Downfall
En matière de science-fiction horrifique, Alien et Event Horizon demeurent des références cinématographiques incontournables. Dans le domaine vidéoludique, la saga Dead Space a repensé (et repoussé) les limites du survival-horror aux frontières intersidérales. Un virage déjà amorcé à l’époque par Doom 3 qui privilégiait l’exploration et une atmosphère oppressante à la place d’...