Voir la fiche complète du film : The Predator (Shane Black - 2018)

The Predator

The Predator est l’exemple typique de l’itération parfaitement inutile à bien des égards, car dépourvue d’intérêt, opportuniste et irrespectueuse envers les précédentes incursions. Affublé d’une débilité profonde, d’un scénario pathétique, de personnages sans épaisseur et de dialogues tout aussi malingres, le pire film de la saga, tout simplement. Encore plus mauvais qu’Aliens Vs Predator Requiem !
Publié le 17 Novembre 2019 par Dante_1984Voir la fiche de The Predator
2
Extra-Terrestre

Alors que les deux premiers films s’étaient avérés marquants à bien des égards, la saga Predator a progressivement décliné vers les affres du bis. La faute à des problèmes de production divers et aux spin-offs Alien Vs Predator dont la médiocrité intrinsèque était difficilement surpassable. Fort heureusement, le troisième opus rattrapait un tant soit peu la débâcle avec une incursion globalement intéressante. En général, quand on touche le fond, on ne peut que remonter. Seulement, dans le cinéma, il y a toujours un moyen de creuser un peu plus profondément dans la bêtise humaine. Force est de constater que ce quatrième volet place la barre très haute en terme d’absurdités.

Quand on autopsie un mythe, c'est la catastrophe assurée...

Rarement de telles ambitions ont pu paraître antinomiques par rapport aux fondamentaux de la saga pour justifier une tentative aussi pathétique. D’emblée, on se heurte à une introduction ultra-référentielle qui essaye de réaliser un copier-coller des moments iconiques du film de John McTiernan. La jungle en guise de terrain de jeu, un commando d’élite et un naufrage intergalactique... Le manque d’inspiration est flagrant et se rappelle à notre bon souvenir à intervalles réguliers. On nous balance quelques clins d’œil çà et là et des répliques cultes qui, ici, n’ont aucune résonnance particulière. Quant à la bande originale, on constate le même problème avec un décalage éhonté entre la musique et les séquences.

À la rigueur, on aurait pu faire l’impasse sur l’absence de scénario pour y trouver un divertissement basique. Mais c’était sans compter les velléités de Shane Black pour insuffler un humour complètement hors contexte. À quel moment a-t-on l’idée d’assimiler l’univers de Predator à une comédie bas du front ? Comment peut-on transformer un véritable mythe de la science-fiction en une truculente promenade nocturne ? Outre une équipe de bras cassés dont les compétences sont pour le moins douteuses, les réparties sont d’une bêtise sans nom. Quelques allusions sexuelles, une philosophie de comptoir, des échanges aussi stériles qu’inutiles...

Haut les mains ! Enfin, sans le type au bout des doigts...

Hormis quelques confrontations assez violentes, on pourrait presque se croire devant un film familial. La présence d’un jeune autiste et les prétextes narratifs pour la justifier vont de pair avec un déroulement en roue libre, dépourvu de structure et de rigueur. L’équipe préfère enchaîner les gags plutôt que se pencher sur la traque. Il n’y a rien de pire qu’une histoire bavarde qui n’a rien à raconter et c’est précisément le cas de The Predator. Les considérations d’une troupe de soldats dérangés du bulbe, les réflexions sur l’origine et les motivations des predators et les tentatives pseudo-complotistes du gouvernement pour étouffer l’affaire font peine à contempler.

Et comme un mauvais film ne fait jamais les choses à moitié, on a droit à une démystification du mythe en bonne et due forme. On nous dessert des arguments et des explications à l’emporte-pièce sur la raison des chasses de predators, sans oublier des projets d’invasion sous couvert de manipulations et d’amélioration génétiques. Parler de crédibilité dans ces conditions n’a aucun sens. Et que dire de ces «chiens predators»? On ne sait pas ce qui est le plus triste: les dreadlocks sur la tête d’un canidé extraterrestre, leur domestication par de «super predators»  (quelle imagination !) ou l’apprivoisement par des humains.

A la niche !

Au final, The Predator mérite amplement sa piètre réputation. Véritable navet de luxe sans le moindre fond ni intérêt, le film de Shane Black est un ratage complet. L’aspect référentiel ne rend guère hommage aux précédentes productions, mais dissimule avec maladresse la pauvreté scénaristique et l’outrage cinématographique. De manière récurrente, on dédramatise la violence sous couvert d’un humour pénible qui ne fonctionne à aucun moment. La succession de tares s’enchaîne tant et si bien qu’on a du mal à recenser tous les affronts et les bévues. Non seulement il n’y a plus rien d’angoissant, mais la chasse des predators est dénuée de toute subtilité. Tout juste se contentent-ils de foncer dans le tas sans réfléchir. Un peu comme ce film, détestable au possible.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

8 MM : Huit Millimètres
Tom Welles (Nicolas Cage), détective privé à l'indéniable sang-froid, est engagé par une riche veuve pour enquêter sur un film appartenant à son défunt mari, filmant un snuff movie, afin de savoir s'il s'agit d'un véritable meurtre, ou d'une supercherie. Légende urbaine la plus décriée, le snuff movie consisterait à filmer un vrai meurtre en temps réel. L'industrie cinématographique a rarement...
Zombillenium
Occupés par une majorité de productions américaines, les films d’animation qui sortent sur grand écran aiment de temps à autre rendre un hommage au cinéma de genre. Ainsi, on concilie deux publics où les histoires sont parsemées de références en pagaille. Monstres contre Aliens, Monster House, L’étrange pouvoir de Norman ou encore Hôtel Transylvanie ... Autant d’exemples...
Les Dents de la Nuit
Attention, ceci est un avertissement : Amoureux de l'humour fin et du bon goût, vous pouvez d'ors et déjà passer votre chemin. En effet, vous ne trouverez dans cette comédie vampirique que des blagues lourdes, des jeux de mots vaseux et une quantité énorme de phrases à connotation sexuelle. Pour vous le prouver, voici quelques exemples : - Une personne demande à un dentiste comment il...
Paranormal Activity 3
Ils sont forts ces producteurs et scénaristes. Ils savent exactement comment rebondir sur un filon doré. Le premier film a marché, autant faire une suite. La suite a fonctionné, on a qu'à transposer l'idée du film dans un autre pays. Les ventes de DVD ont bien marché, on n'a qu’à faire un préquel maintenant non ? Et voila que déboule Paranormal Activity 3 , narrant la jeunesse des deux soeurs et...
Star Trek
Des années que les fans l’attendaient et il est enfin là, sept ans après Némésis , le dixième film de la saga. Avec à la barre J.J. Abrams , auteur d’un incroyable Mission impossible 3 et créateur des séries que sont LOST, Alias et la toute récente Fringe , Star Trek 11 a finalement débarqué sur nos écrans. Onzième film ? Pas tout à fait car le métrage est intitulé Star Trek , un...