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The Psycho Legacy – Critique

The Psycho Legacy

A l'occasion des 50 ans de la franchise Psychose au cinéma, Psycho Legacy revient sur l'une des sagas phares du cinéma d'épouvante. Intéressant pour tout fan de la saga qui se respecte, Psycho Legacy s'avère néanmoins trop aseptisé pour prétendre devenir une référence en la matière.

Publié le 27 Mars 2012 par GORE MANIAC · Voir la fiche de The Psycho Legacy

A l'occasion des 50 ans de la franchise Psychose au cinéma, Psycho Legacy revient sur l'une des sagas phares du cinéma d'épouvante, lancée par l'illustre Alfred Hitchcock.

Déjà un demi-siècle que la silhouette mince et le regard sombre de Norman Bates a envahit les salles obscures, terrifiant plusieurs générations de cinéphiles.
Interprété avec force et sensibilité par Anthony Perkins, le personnage de psychopathe le plus séduisant de l'histoire du Septième Art méritait bien un documentaire évoquant sa success story.

A l'aide d'images d'archives, d'interviews de personnes ayant participé à la célèbre franchise (acteurs, scénaristes, producteurs) et de spécialistes du genre fans de Norman Bates, Psycho Legacy évoque tout d'abord le film phare d'Hitchcock.
Tourné avec un budget très modeste (le cinéaste avait enrôlé une grande partie de l'équipe technique de sa série télévisée Alfred Hitchcock Présente), le premier Psychose, sorti en 1960, s'inspirait d'un roman de Robert Bloch. S'éloignant volontiers de l'univers du romancier (le Norman Bates du roman était moins attachant que celui des films), le scénariste Joseph Stefano délivre un script riche en rebondissements, que la mise en scène vertigineuse du maître du suspense exploitera avec une virtuosité exceptionnelle.

Le premier Psycho est un précurseur.
Non seulement, il est l'un des premiers à utiliser le fameux twist final (retournement de situation inattendu qu'avait déjà testé Hitchcock dans le Grand Alibi), mais il préfigure aussi le slasher (John Carpenter s'est inspiré de ce film pour la réalisation d'Halloween).

Le choix de Perkins n'était pas innocent. Jusque-là cantonné à jouer les jeunes premiers, ce dernier était l'acteur idéal pour un cinéste soucieux de rendre son tueur séduisant.
Ce film était l'occasion pour Hitchcock de jouer avec les codes du genre (héroïne voleuse et volage assassinée brutalement après une demi-heure de film) et de jouer avec les nerfs du public. Ce métrage reste le plus grand succès critique et commercial du réalisateur et le rôle de Bates hantera définitivement Perkins durant toute sa carrière.

Il faudra attendre plus de vingt ans pour voir une suite se mettre en place. Réalisé par Richard Franklin, fan d'Hitchcock, Psychose II est une heureuse surprise. Davantage tourné vers le suspense, il est de nouveau porté par une composition hallucinante de Perkins, innocent aux mains sales en quête d'une rédemption qui semble devoir encore lui échapper à sa sortie de l'asile.

Ecrit par le réalisateur Tom Holland (Jeu d'Enfant), le scénario de cette suite est plutôt captivant et peut se targuer d'avoir conquis une grande majorité des fans du premier volet, tout en respectant l'univers de la série.
On y apprend toutefois que le tournage n'a pas été de tout repos, des tensions existant entre Perkins et Meg Tilly (premier rôle féminin).

La mise en scène de Psychose III fut confiée à Anthony Perkins car celui-ci avait signalé aux studios Universal qu'il ne retournerait pour eux qu'à cette condition. En tentant d'offrir plus d'humanité à son personnage (Norman entretient une relation amoureuse et n'est ici que la victime d'un autre tueur), Perkins désacralise involontairement ce dernier et le résultat est plutôt indigent, même si les acteurs ayant participé à cette aventure dépeignent Perkins comme un réalisateur attentif et compétent.

Il était risqué de confier un tel film à un cinéaste débutant, qu'il s'agisse de Perkins ou d'un inconnu.
On commence alors à trouver agaçant le manque de critiques constructives dans ce documentaire qui ne cesse d'encenser chaque volet avec un zèle stupide, ignorant l'échec critique et commercial de ce troisième épisode.

Mick Garris, réalisateur du quatrième opus (tourné directement pour la télévision), ose enfin évoquer une relation difficile avec Anthony Perkins. Vexé de ne pas pouvoir à nouveau mettre en scène cet épisode, l'acteur mena la vie difficile au futur créateur des Masters of Horror.
Ce film revient aux origines du mythe, le scénario étant d'ailleurs à nouveau l'oeuvre de Joseph Stefano. Ignorant les deux suites, celui-ci signe une forme de préquelle avant l'heure, en expliquant les raisons des déviances de Norman, malmené par une relation trouble avec sa mère.

Le rôle de Norman jeune avait été confié à Henry Thomas (le célèbre Elliot dans E.T.) et celui de la mère à Olivia Hussey. Celle-ci éclipse presque le personnage de son fils, en campant un rôle ambigu de femme aussi belle que névrosée. Cet épisode, meilleur que Psychose III, ne s'éloigne pourtant guère de la simple anecdote.
Enfin, le documentaire laissera de côté le remake colorisé de Gus Van Sant (celui-ci sera décrypté dans les bonus).

L'éditeur Emylia ajoute dans son édition commémorative un second DVD riche en bonus : scènes du documentaire supprimées, évocation d'un Robert Bloch quelque peu oublié dans le documentaire officiel, visite des lieux de tournage.
Intéressant pour tout fan de la saga qui se respecte, Psycho Legacy s'avère néanmoins trop aseptisé (évitant soigneusement toute critique sur la qualité des suites, par exemple) pour prétendre devenir une référence en la matière. De plus, on regrette un format d'image réduit qui amplifie l'étroitesse de l'état d'esprit de ce documentaire, trop sage pour être indispensable.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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