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Halloween: La nuit des masques – Critique

Halloween: La nuit des masques
Le premier chef d'oeuvre de Monsieur John Carpenter. Un slasher intelligent et qui donnera naissance à des suites plus ou moins réussies.
Publié le 1 Janvier 2008 par admin · Voir la fiche de Halloween: La nuit des masques

31 octobre 1963, à Haddonfield, Michael Myers âgé alors de huit ans assassine à grands coups de couteau sa soeur Judith. Interné ensuite dans un asile psychiatrique et confié aux bons soins du docteur Loomis, il finira par s'échapper lors d'une nuit d'orage 15 ans après. Le Dr Loomis persuadé que Myers revient sur les lieux de son crime le suit jusqu'à Haddonfield où un groupe de jeunes lycéens s'apprêtent à fêter Halloween. Tous, sauf Laurie Strode, de "corvée" de babysitting.

Même au bout d'une vingtaine de visions, Halloween n'a rien perdu de sa force. Initialement intitulé "The Baby Sitter's murders", le script ressemble à un polar de plus, mais c'est compter sans la volonté de Carpenter de faire ses premiers pas dans le cinéma d'épouvante. Et, pour cela rien de tel que de choisir comme interprête de l'héroîne, la fille de Janet Leigh -qui a déjà fais les frais du premier grand film de sérial-killer dans Psychose- : Jamie Lee Curtis. Car les filiations avec le film du grand Hitchcock sont évidentes (même thème, volonté de surprendre le spectateur), au point que le nom de Loomis est tiré de "Psychose" (tiens, tiens, Wes Craven le réutilisera pour son Scream). Mais, plutôt que de plagier ce qui a déjà été fait, Carpenter fait de Michael Myers un tueur muet à la démarche mécanique, ce qui le rend inquiétant car ainsi on ne dévoile rien de ses motivations.

Faisant preuve d'une grande imagination en matière de mise en scène, il maitrise à la perfection l'art de la peur en nous plongeant d'emblée dans un cauchemar. Ainsi, dès le départ, on assiste au meurtre de Judith au travers des yeux du meurtrier. Pour accompagner les forfaits du croquemitaine, Carpenter compose certainement ce qui est à ce jour sa plus grande musique, identifiable dès les premières notes. Et pourtant guère recherchée, elle est d'une efficacité redoutable. L'intrigue repose sur la peur de voir disparaître les uns après les autres les personnages, non dans un déluge de sang (car La nuit des masques est tout sauf un film gore), mais plutôt dans grâce au suspense qui jamais ne faiblit. On est aidé par des comédiens sobres qui ne se lancent pas dans des vannes lourdingues ni dans un humour second degré souvent pénible (on remarquera juste un clin d'oeil à La chose d'un autre monde (1951), que des personnages regardent à la télé le soir d'Halloween, que Carpenter revisitera dans La Chose quelques années plus tard). Bien que leurs comportements peuvent paraître futiles, leur réaction colle parfaitement à la réalité des faits. Et on n'est est pas à parler alors de ces clichés comme les personnages stéréotypés (blonde pulpeuse souvent prompte pout être désignée à la vindicte du tueur, fausses peurs, jeunes insouciants, être vierge protège de la Mort...) car Carpenter tient plus à denoncer les méfaits du puritanisme qu'à vouloir jouer les moralisateurs (ce n'est pas son style). Le vétéran Donald Pleasence épaule une kyrielle de jeunes acteurs plus ou moins débutants, en traquant sans cesse Michael Myers, comme s'il devait de faire pardonner son évasion... Une quête qui ne prendra jamais fin.

Récompensé à son époque par le prix de la critique au Festival d'Avoriaz, le prix d'interprétation fénimine et le Grand Prix du public au Festival du Film Fantastique et de Science-Fiction de Paris, Halloween, connaît alors un succès foudroyant (plus de 75 millions de $ pour un budget très restreint). Et lance le début d'une déferlante de slashers (dont le meilleur descendant aura été Vendredi 13, qui se démarquera ingénieusement grâce à ses meurtres sanglants). Quant à connaître les motifs qui poussèrent Michael Myers à s'en prendre à Laurie Strode, il faudra attendre sa suite sobrement intitulé Halloween 2, réalisé par Rick Rosenthal en 1981. Indémodable chef d'oeuvre de l'épouvante, le premier "Halloween" reste la référence jamais égalé du slasher. Laissons pour finir la parole à Stephen King, qui définit le mieux ce qu'est le film: "Il était une fois trois baby-sitters qui décidèrent de sortir pendant la nuit d'Halloween, et une seule d'entre elles était encore vivante lorsque vint le jour de la Toussaint". En somme un conte initiatique symbolisant le passage de l'enfance à l'âge adulte.

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