Voir la fiche complète du film : L'Ile Du Docteur Moreau (Erle C. Kenton - 1932)

L'Ile Du Docteur Moreau – Critique

L'Ile Du Docteur Moreau

Unique rescapé d'un naufrage, le jeune Parker est recueilli sur un paquebot qui doit faire une escale sur une île mystérieuse, propriété d'un certain Docteur Moreau. Une belle occasion de se replonger dans la meilleure et la plus fidèle version cinématographique du roman de Wells, qui n'a pas pris une ride, 85 ans après sa sortie en salles.

Publié le 30 Janvier 2017 par GORE MANIAC · Voir la fiche de L'Ile Du Docteur Moreau

Unique rescapé d'un naufrage, le jeune Edward Parker est recueilli sur un paquebot qui doit faire une escale sur une île mystérieuse, propriété d'un certain Docteur Moreau. Suite à une dispute, Parker est abandonné sur cette île, et découvre les sinistres expériences de son hôte.

Première adaptation du célèbre roman d'H.G. Wells, cette Ile du Docteur Moreau bénéficie aujourd'hui d'une sortie DVD et Blu-Ray française. L'occasion de décrypter ce classique des années 30.

Au début des années 30, le cinéma fantastique connaît son premier âge d'or à Hollywood, avec les premières adaptations parlantes de Dracula et autres Frankenstein. En parallèle à ces monuments gothiques, les producteurs cherchent à varier les plaisirs en proposant des métrages plus exotiques, censés apporter un dépaysement au public, en développant de nouveaux monstres.

Ainsi, en 1932 et 1933, trois films proposeront un savant mélange d'aventures et de fantastique : le mythique King Kong, la Chasse du Comte Zaroff et cette première version de l'Ile du Docteur Moreau.

Moins connu que les oeuvres S-F de son auteur (la Guerre des Mondes, la Machine à Explorer le Temps, l'Homme Invisible), l'Ile du Docteur Moreau reste pourtant un roman moderne et marquant, dont les thèmes exploités (le savant fou, l'île mystérieuse, les étranges indigènes) sont propices au Septième Art.


D'emblée, le cinéaste Erle Kenton, habitué du genre (le Spectre de Frankenstein, la Maison de Dracula), nous immerge en pleine mer, avant de nous faire découvrir l'antre du savant fou, dans un prologue qui évoquera aux cinéphiles les prémices du King Kong, réalisé un an plus tard. Ici, le danger est multiple, le gorille géant faisant place à des indigènes monstrueux, objets des expériences d'un Moreau maniant le fouet avec dextérité.

Dans le rôle titre, l'excellent Charles Laughton, entre malice et folie destructrice, campe un Moreau fort inquiétant mais également joueur, dirigeant ses proies à la manière d'un chef d'orchestre dépravé, dont la fin sera à la hauteur de sa démesure. A ses côtés, le casting est soigné avec l'élégante Leila Hyams (Freaks) et le mythique Bela Lugosi, en chef des monstres.

Pas de temps mort tout au long d'un film qui, derrière l'habituel film de monstres, cache plusieurs angles de réflexion savoureux. Ainsi, Moreau, à l'instar de Victor Frankenstein, représente une nouvelle forme de terreur, celle qui est générée par l'homme plutôt que par Mère Nature. La manipulation génétique, annonçant les futures atrocités d'un Mengele, figure ici en pièce centrale d'un drame dont l'épilogue, sans être aussi poignant que le cultissime Freaks, mérite amplement le coup d'oeil, le savant fou achevant la boucle qu'il avait lui même initié.


Augmentant considérablement son catalogue fantastique ces derniers temps, l'éditeur français Elephant Films propose fin janvier de (re)découvrir quatre films des années 30, dont trois en combo DVD & Blu-Ray. Parmi eux, l'Ile du Docteur Moreau bénéficie donc d'un transfert HD pour son édition Blu-Ray, permettant d'avoir une qualité picturale et sonore de très bonne facture, le DVD seul permettant de conserver le plein écran à un prix plus modeste. Côté bonus, une présentation du film d'une dizaine de minutes par l'inégalable Jean-Pierre Dionnet, qui ravira les nostalgiques du Cinéma de Quartier de Canal + et quelques bandes-annonces des autres sorties récentes d'Elephant.

Une belle occasion de se replonger dans la meilleure et la plus fidèle version cinématographique du roman de Wells, qui n'a pas pris une ride, 85 ans après sa sortie en salles.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Wolfcop

Wolfcop

Lou est policier dans une bourgade quelconque du Canada. Alcoolique et paresseux, il est toujours en retard, ce qui lui vaut d’être constamment rappelé à l’ordre par son supérieur et d’être ridiculisé face à l’efficacité de sa collègue Tina. Pilier de comptoir du rad local où il échoue régulièrement pour étancher sa soif et draguer la serveuse sans succès, Lou est chargé par son chef d’aller...
Arrow

Arrow

Il était un temps où les super-héros, avant l'avènement du cinéma, était prolifique sur nos petits écrans de télévision. J'outrepasserai les éternels sagas de Batman en collant moulant ou encore les sympathiques Flash Gordon de la belle époque, mais il faut croire que les super-héros n'ont jamais disparu de nos écrans cathodiques. Enfin, surtout chez DC Comics, qui a su implanter rapidement ses...
Avatar

Avatar

Jake, un ancien soldat des marines, désormais cloué sur un fauteuil roulant, accepte de remplacer son frère, récemment décédé, et part sur la planète Pandora. Sa mission : investir le corps d'un avatar, dans le but de se faire accepter par la population locale, les Na'vi, et ainsi mieux exploiter les richesses de leur terre. En 2009, la sortie du film Avatar a fait l'effet d'une bombe dans le...
Shiver : L'Enfant Des Ténèbres

Shiver : L'Enfant Des Ténèbres

« El lobo » De passage au dernier au dernier festival de Gerardmer, cet Eskalofrio - titre original de Shiver - est nanti d’une belle petite réputation. De Mad Movies en passant par d’autres grands noms, tous ou presque étaient unanimes. Il faut dire que les espagnols ont le chic pour ce genre d’histoire. Exportation, fuite, petit village, lourd secret... Des...
Apparition

Apparition

Dans leur nouvelle demeure, Ben et Kelly voient se multiplier des phénomènes aussi inexpliqués que terrifiants. Les portes s'ouvrent, les lumières s'éteignent, une présence semble rôder à l'intérieur. Le couple comprend rapidement que la maison n'est pas hantée, mais eux oui. Où qu'ils aillent, l'apparition les traque... Premier long-métrage pour Todd Lincoln qui a non...