Voir la fiche complète du film : Le Fantôme Vivant (T. Hayes Hunter - 1933)

Le Fantôme Vivant – Critique

Le Fantôme Vivant
Dans une sinistre demeure, divers personnages se réunissent à l'occasion de la mort du propriétaire des lieux, l'étrange Henry Morlant. Ce polar fantastique, merveilleusement restauré, est un élégant long-métrage qui inspirera sans doute la future génération britannique (celle de la mythique Hammer).
Publié le 27 Février 2017 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Le Fantôme Vivant

Dans une sinistre demeure perdue au fin fond de la campagne anglaise, divers personnages se réunissent à l'occasion de la mort du propriétaire des lieux, l'étrange Henry Morlant.

Le succès des premiers films d'épouvante des studios Universal aux Etats-Unis inspirent les producteurs européens qui, à leur tour, se projettent dans plusieurs projets du même genre. Le Fantôme Vivant, qui fait partie de ces premiers essais, a longtemps figuré au tristepalmarès des oeuvres disparues. A ce titre, il est déjà remarquable de pouvoir le redécouvrir dans des conditions aussi bonnes que l'édition proposée par Elephant Films depuis près d'un mois (le combo incluant même une copie Blu-Ray).

Le Fantôme Vivant

L'intrigue du métrage, malgré sa traduction française plutôt basique, lorgne du côté de la Momie de Karl Freund, tandis que la demeure au centre de la seconde moitié du film évoque la Maison de la Mort de James Whale (également éditée le mois dernier en DVD chez le même éditeur). De ces deux films, le Fantôme Vivant partage une photographie très expressionniste, même si la lumière est ici davantage mise en avant que les jeux d'ombre, permettant d'offrir un relief inattendu aux faciès déments ou terrifiés de Karloff et de l'inquiétant Ernest Thesiger (la Fiancée de Frankenstein).

Déjà présents au générique de la Maison de la Mort, les deux comédiens s'offrent deux rôles bien plus intéressants. Thesiger, passionné par les rôles troubles, y trouve sans doute l'un de ses rôles les plus marquants. Avec une chevelure diabolique à la Brad Dourif, il hante la vieille demeure avec beaucoup de talent jusqu'au retour de son maître. Boris Karloff, aussi effrayant mort que vivant, balance des regards oppressants durant tout le film, prouvant, dans des rôles presque muets, une prestance effroyable sublimant le caractère fantastique du film.

Le Fantôme Vivant

Heureusement, car ce Fantôme Vivant oscille clairement vers le polar à la Edgar Wallace, la première moitié du métrage nous présentant les différents acteurs au centre d'une future tragédie. Sans livrer tous les rebondissements d'une intrigue à tiroir, avouons que ce long-métrage est riche en rebondissements, le thème principal du bijou égyptien louchant officieusement du côté d'une excellent nouvelle de Bram Stoker, adapté par la suite à quelques reprises sur le grand écran (le Joyau des Sept Etoiles).

Point fort souvent sous-estimé dans un film, sa photographie est ici à souligner, tant son travail a été soigné et optimisé par l'allemand Gunther Krampf. La séquence nocturne dans les rues de la ville, baignant dans un brouillard clair-obscur de toute beauté, est merveilleuse, et rendue avec beaucoup de fidélité par cette édition DVD & Blu-Ray. On appréciera aussi de dépaysants décors égyptiens, se mariant bien avec le cottage anglais, ainsi que le savoureux personnage de Dragore, dont le jeu de séduction avec l'une des héroïnes constitue les rares scènes humoristiques du métrage, qui ne nuisent en rien à l'ensemble du Fantôme Vivant. Ces divers éléments permettent d'attendre paisiblement le retour de Karloff, malheureusement absent un bon tiers du film.

Le Fantôme Vivant

Même si le caractère surnaturel de Morlant est remis en doute durant l'épilogue, ce polar fantastique, merveilleusement restauré, est un élégant long-métrage qui inspirera sans doute la future génération britannique (celle de la mythique Hammer). En prime, elle permet de revoir Karloff dans une fascinante composition, même si la réalisation de Hayes Hunter, cinéaste de commande américain à la carrière plutôt modeste, ne transcende pas toujours ce Fantôme Vivant à sa juste valeur.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

No One Lives

No One Lives

**Attention, cette critique contient des spoilers.** En route vers sa nouvelle demeure, un couple en reconstruction fait halte dans un petit restaurant perdu en pleine campagne. Les deux jeunes gens se font alors accoster par le membre d'une bande de voleurs en fuite. On pouvait légitimement penser avoir effectué le tour du survival depuis quelques années. Lorsque le réalisateur du mystérieux...
Casper

Casper

Ah! Casper le gentil fantôme ! Un chouette petit dessin animé sans prétentions qui a bercé l’enfance de pas mal d’entre nous. La transposition en film ne paraissait pas devoir poser trop de problèmes au vu des possibilités offertes, mais on sait tous comment ça peut se terminer avec les adaptations sur grand écran… Un look très "Burtonnien" pour l'intérieur de la...
The Canal

The Canal

Dans le domaine horrifique, comme dans d’autres genres, il reste très délicat de concilier deux approches aux antipodes. L’une démonstrative, gore et violente. La seconde insidieuse, lancinante et malsaine. Généralement, cela nous donne des productions foncièrement différentes jouant soit sur l’outrancier, soit sur l’aspect dérangeant d’un concept. L’amalgame...
Saw 3D : Chapitre Final

Saw 3D : Chapitre Final

Nous y voilà enfin! Après sept années et autant d'épisodes marqués par la torture, voici le dernier (?) opus de la saga Saw , initiée en 2004 par le film de James Wan . Sept ans de pièges machiavéliques et d'intrigues tordues de plus en plus nébuleuses qui ont engendrés les moqueries et les quolibets. Il était donc largement temps de mettre un point final à tout cela et les producteurs,...
District 9

District 9

Inconnu il y a encore peu de temps, Neill Blomkamp risque bien d’être considéré dès à présent comme le nouveau cinéaste de génie à suivre de près. Il faut dire que son premier long, District 9 , adapté de son propre court-métrage Alive in Joburg a fait un carton planétaire et a réussi l’exploit d’emballer aussi bien les critiques que le public. Près de 200.000.000$ ont ainsi été...