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The Dead Don't Die – Critique

The Dead Don't Die

The Dead Don’t Die s’avance comme une comédie horrifique prétentieuse et loin d’être hilarante. Cela tient à un humour porté par le non-sens et l’indolence générale. Déconcertant au départ, le procédé se veut redondant et paresseux par la suite. Il en ressort un essai poussif et opportuniste, guère touché par les qualités du genre ou ce qu’il tente de véhiculer à travers la figure du mort-vivant.

Publié le 28 Mai 2020 par Dante_1984 · Voir la fiche de The Dead Don't Die

Face à la profusion de productions en matière de morts-vivants, il semble difficile de présenter le sujet sans paraître répétitif. Cela vaut également pour la comédie horrifique dont les fondamentaux se sont essentiellement forgés au cours des années 2000. Toute considération parodique écartée, ce type de métrages peut se montrer généreux et ultra-référentiel, comme Shaun of the Dead ou Bienvenue à Zombieland. À l’instar de Fido, certains films n’en oublient pas la portée sociopolitique. De telles initiatives prouvent qu’il est possible de concilier divertissement et propos intelligents à travers une thématique éculée.

 

Un réveil d'outre-tombe difficile...

De prime abord, The Dead Don’t Die semble s’inscrire dans la continuité des précédentes références évoquées. La présence derrière la caméra de Jim Jarmusch, pourtant guère coutumier du genre, augure également d’un traitement à contre-courant de ce que l’on connaît. En un sens, c’est le cas, car l’intrigue n’emprunte pas les sentiers balisés du récit survivaliste ou même d’une confrontation homérique avec les cadavres ambulants. Le déroulement va s’appuyer sur le non-sens et l’incongruité d’un tel phénomène. On le serait à moins pour une production qui avance une tonalité comique ! Cependant, le résultat n’est guère probant, et ce, pour plusieurs raisons.

L’évolution narrative interpelle tout d’abord par sa lenteur. L’idée est de découvrir le quotidien d’une petite bourgade de l’Amérique profonde. On a droit à une longue présentation des différents intervenants, quitte à mettre entre parenthèses l’élément perturbateur. À savoir : l’irruption des zombies eux-mêmes. Cette exposition qui s’étend au-delà du raisonnable pourrait être compréhensible si les portraits dépeints permettaient de développer une caractérisation poussée à travers des personnalités aussi dissemblables que complémentaires. Or, le cinéaste se contente d’aligner des séquences dispensables qui n’apportent rien à l’intrigue.

 

She wants to Kill Bill ?

On a beau bénéficier d’un casting « cinq étoiles », les noms de prestigieux acteurs et chanteurs sont racoleurs au possible. On songe notamment à Iggy Pop ou RZA qui passent pour des figurants. On a l’impression que le réalisateur dispose d’un formidable potentiel (humain et matériel), mais qu’il ne sait guère comment le mettre en œuvre. Preuve en est avec l’alternance des points de vue dont la construction fournit généralement des épilogues respectifs décevants, voire absents, comme pour le trio de détenus d’un centre de redressement. La conclusion part d’ailleurs en roue libre et, à défaut d’amuser, lorgne vers le Z pour tenter de justifier son approche.

Car, au-delà de cette vacuité permanente, on ressent une certaine condescendance vis-à-vis du genre et du public. Sous couvert d’un humour « fin », on enchaîne les situations ubuesques où les réparties circonspectes s’appuient sur la passivité, tour à tour latente et explicite, des protagonistes. Il n’y a aucune fulgurance, aucune variation dans le déroulement. Certes, cela peut mettre en exergue l’état de choc ou la stupéfaction des personnages devant cette apocalypse Z. On peut aussi y trouver une résonnance face à la condition de morts-vivants, mais les mécaniques sont toujours identiques. Pour tenter de faire rire, on s’appuie constamment sur des comportements indolents avant que la chute ne tombe à plat. Dès lors, l’ensemble demeure prévisible dans sa manière d’avancer cet aspect pseudo-comique.

 

Un vrai teint d'iguane celui-là !

On regrette également cette structure décousue au possible qui se contente d’allusions grossières au genre sous forme de posters ou de références clairement affichées à Romero et consorts. Là encore, l’un des problèmes consiste à considérer le sujet d’une façon hautaine. Preuve en est avec la leçon de morale en guise de dénouement qui met en exergue le consumérisme et le matérialisme de notre société. D’une part, le propos a déjà évoqué à maintes reprises. D’autre part, il ne possède pas le même impact dans une petite bourgade que dans une grande ville. Quant à la manière de l’exposer, il aurait été plus judicieux de suggérer la réflexion. À croire que le public visé est tout aussi décérébré que les zombies du point de vue du réalisateur.

Au final, The Dead Don’t Die s’avance comme une comédie horrifique décevante à plus d’un titre. Loin d’être un hommage au cinéma de genre ou aux films de morts-vivants, le métrage de Jim Jarmusch s’avère moralisateur et condescendant. Pas foncièrement drôle, l’histoire mise constamment sur l’absurdité des situations et l’apathie des protagonistes pour user des mêmes mécaniques humoristiques. Derrière un traitement « auteurisant », on distingue également de nombreuses errances au niveau de la présentation des personnages et de la progression narrative. À ce titre, l’alternance des points de vue demeure aléatoire et mal maîtrisée. Au vu des moyens engagés, un piètre résultat.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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